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JIDDU KRISHNAMURTI

Bulletin International de L'Étoile

Extrait du n° 10 de la revue Bulletin International de L'Étoile, (Juillet 1930)

© Edité par « The Star Publishing Trust », 1930

Sommaire
Poème, par J. Krishnamurti
Poème, par J. Krishnamurti
La Vie noble, par J. Krishnamurti

Causerie faite à des professeurs, à Los Angeles, par J. Krishnamurti Modifier

Le but de la vie. (pp. 404-406) Modifier

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Pourquoi faites-vous de vous-même un type ? Pourquoi imitez-vous quelqu’un d’autre ? Pourquoi suivez-vous l’autorité ? Il ne peut pas y avoir d’autorité dans les choses spirituelles ; il ne peut pas y avoir d’autorité en ce qui concerne la pensée et la croyance ; ce n’est que l’expérience qui a de l’importance. L’expérience est le seul maître. Pourquoi alors faites-vous de vous-même un type, une machine ? C’est parce que la crainte joue une part dominante dans votre vie. Vous avez peur de vos propres pensées, vous êtes dans l’incertitude ; et alors vous cherchez des leaders en matière spirituelle. Lorsqu’on a le désir du réconfort, la crainte est née. La lutte produit soit la crainte, soit la compréhension.

Lorsque vous craignez la lutte, vous cherchez des refuges, vous comptez sur l’autorité dans les questions spirituelles, vous voulez qu’on vous dise ce qui est vrai et ce qui est faux, ce qui est le succès et ce qui est l’insuccès. Mais lorsque vous avez le désir de comprendre l’immense lutte qui se poursuit vous ne vous courbez pas sous la crainte, et vous essayez de comprendre toutes les expériences qui viennent à vous.

Vivre conformément à un patron n’est pas avoir de la culture. Vous ne pouvez pas vous cultiver en vous conformant aux autres. Vous devez créer l’entourage qui convient afin que constamment l’individu lutte, choisisse, assimilant et rejetant, et qu’ainsi il croisse. L’individualité n’est pas une fin en elle-même, parce qu’elle signifie division ; par le contact continuel avec la vie l’individualité essaye de renverser la barrière qui la sépare des autres. En d’autres termes l’individualité est constituée par les réactions que nous n’avons pas conquises. Les réactions créent des barrières et des divisions ; mais celles-ci n'existent plus lorsque vous avez conquis vos réactions. C’est donc l'ego, l’individualité qui n’a pas transmué ses réactions, qui crée des barrières. Mais le « moi » véritable réside dans la région de la pure action, aussi, pour atteindre ce « moi », pour découvrir la pure action, il vous faut passer par le processus de la réaction, des attractions et des répulsions, des joies et des plaisirs, des souffrances et des extases et éliminer graduellement toutes les réactions jusqu’à ce que vous arriviez au centre de vous-même, à l’endroit d’où vous agissez, mais où il n’y a pas de réactions. C’est là le but de la vie.

C’est pourquoi la plus haute spiritualité n’est pas de se conformer à un patron mais d’être constamment en éveil en toute chose, dans les actes, les pensées, et les émotions, d’agir indépendamment des réactions. Vous devez créer en vous-même, par l’intensité du conflit entre l’émotion et la raison, le désir d’être parfaitement équilibré ; mais pour parvenir à cet équilibre il vous faut passer par cette lutte extrême, vous ne pouvez pas l’éviter ou renoncer au monde. Lorsque vous êtes au degré le plus extrême de la lutte entre l’émotion et la pensée, en vous est né le désir d’être parfaitement équilibré, et vous commencez à l’être. Vous pouvez posséder beaucoup de livres qui expliquent toutes vos douleurs et toutes vos luttes, vos peines et vos plaisirs. C’est très facile d’expliquer les choses. Voilà ce que tout le monde cherche — une explication. L’homme qui est vraiment dans la souffrance cherche-t-il une explication ? Si quelqu’un que vous aimez meurt, de quelle valeur sont pour vous les explications ? Vous voulez avoir votre ami parce que vous êtes dans la solitude. La solitude ne peut pas être expliquée. Toutes les théories et les explications ne feront pas disparaître la solitude. Mais lorsque vous luttez vraiment dans la souffrance et que vous sentez cette souffrance dans ses profondeurs extrêmes, vous êtes en train de chercher la racine, la cause de la souffrance, et non pas l’explication de la souffrance. La souffrance devient alors un sol dans lequel vous devez croître, un sol qui nourrit et non pas une chose à éviter.

L’enrichissement de la vie par l'expérience continuelle est l’action pure, l'incorruption. Aussi ne devez-vous pas vous modeler sur un patron. Vous devez être le tout, vous devez tout embrasser. La pensée, qui est personnelle au début, évolue de plus en plus par l’expérience vers l'impersonnel, et lorsqu’elle est impersonnelle elle est intelligente. L’intelligence vous fait pénétrer dans ce monde de la pure conscience qui est la consommation de la vie humaine. Le but de la vie, le résultat de toute expérience est d'être parfaitement équilibré dans cette pure action ; alors la vie est riche, pleine, complète, elle comprend tout ; alors vos problèmes en tant qu’individu sont résolus et vous êtes capable de donner au monde ce parfum, cette compréhension qui est nécessaire au maintien de l’ensemble.

Source : krishnamurtiaustralia.org.







Le désir, c'est la vie elle-même. (pp. 407-408) Modifier

QUESTION.Ne doit-il pas y avoir, en dehors du contrôle de l’individu, une impulsion ou un pouvoir créateur qui le pousse à atteindre la plénitude de la vie ?

KRISHNAMURTI. — Quel plus puissant mobile que le rire et les pleurs voulez-vous ? C’est pourquoi j’ai parlé du rire et des pleurs et que je n’ai pas cherché à les expliquer. Si vous ne savez pas souffrir, si vous n’avez jamais pleuré, comment pouvez-vous comprendre, et quel plus puissant mobile que le désir peut-il y avoir ? Que faites-vous constamment de votre désir ? Vous voulez le tuer, mais on ne peut pas tuer le désir. Ce que vous percevez, vous le désirez ; mais si votre perception est petite vos désirs sont petits. Si votre vision est vaste, vos désirs sont vastes. Si vous êtes dans le chaos ce n’est pas la faute de votre désir, c’est la faute de votre perception.

Los Angeles, 10 avril 1930.

Source : krishnamurtiaustralia.org.

Réunions d’hiver, à Adyar : Causeries, par J. Krishnamurti : IV Modifier

Dans la vie, il n’y a pas de stades. (pp. 421-422) Modifier

QUESTION.Vous dites que la vérité n'a pas de sentier ; devons-nous comprendre que pour atteindre la vérité ou la libération chacun doit créer son propre sentier ; qu’il y a autant de sentiers que d'individus, et qu’il n’y a pas de sentier commun, à aucun stage de progrès ?

KRISHNAMURTI. — Absolument ; chacun doit créer son propre sentier, parce que la vérité est affaire de perception individuelle, et d'expérience individuelle, tour à tour ; vous ne pouvez suivre le sentier d’un autre, si sage, si grand qu’il soit. Même un prophète ne peut vous conduire. L'individu doit grandir, il doit devenir de plus en plus « unique » pour comprendre la vérité. Regardez la flèche lancée d'une main ferme. Il n'y a en aucun moment de sa course division du temps ni de l’espace ; c’est une courbe constante depuis le moment où elle quitte l’arc jusqu’à ce qu’elle atteigne son but. Mentalement vous pouvez diviser sa course ; mais si vous devenez une partie de la flèche, les stades n'existent pas, il n’y a qu’une belle ligne directe. Ainsi dans la vie, il n’y a pas de stades ; c'est comme l'aurore qui atteint le maximum de lumière. Pour comprendre la vérité, qui est la vie, il faut développer le tact, la compréhension, développer vos désirs et non les réprimer ou les étouffer ; rendez vos désirs si achevés, si parfaits, qu’ils n’aient pas de limites. N’ayez pas peur des désirs. Comme je l'ai dit l’autre jour, ce que vous voyez, vous le désirez, et si votre perception est courte, étroite, limitée, vos désirs seront tels. Si votre perception est celle d’une vie tranquille, stagnante, indifférente, vos désirs vous y conduiront.

Mais si votre perception est d'être libre absolument, sans limite, sans condition, d’une liberté totale, continue, active, tous vos désirs seront illimités, extatiques, profonds, riches. Il en est de même pour les pensées et les affections. Si vos pensées ne sont que des réactions de l'élément personnel, elles vous poseront des limites ; de même pour les affections.

La vie, et l'épanouissement de la vie, est une chose purement individuelle ; la vérité n’est pas une question de croyance, il faut qu'elle soit expérimentée par l'individu ; ainsi il ne peut y avoir de sentier qui mène à la vérité. Je sais que vos instructeurs et vos livres le disent ; mais voilà ce que je dis ; examinez-le, analysez-le, critiquez-le, mettez-le en doute. Soyez actifs en l’acceptant ou en le rejetant ; ne soyez pas indifférents.

31 Décembre 1929, IV.

Source : krishnamurtiaustralia.org.

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