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Bulletin de L'Étoile N°1 Janvier-Février 1933

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JIDDU KRISHNAMURTI

Bulletin de L'Étoile

Extrait du n° 1 de la revue Bulletin de L'Étoile, (Janvier-Février 1933)

© Edité par « The Star Publishing Trust », 1933

Sommaire
Réflexions
Causeries au Camp d'Ojaï (IV)
Camp d’Ommen 1933

Causeries au Camp d’Ojaï (V) Modifier

L'action est l'instrument par lequel la vie devient consciente d'elle même. (pp. 20-24) Modifier

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Il existe une vie éternelle, dont vous avez tous eu, à quelques rares moments, une vision fugitive. Cette impression fugitive, chacun désire ardemment la rendre permanente. Or, cette réalisation de la vérité ne peut être rendue permanente que lorsque l'esprit perd tout ce qui le distingue. Les sens sont sous l’illusion qu’ils peuvent s'identifier eux-mêmes à cette réalité éternelle. Il n’y a pas d'identification. Si l'identification existait, vous seriez en train de transporter votre personnalité dans l’éternité, ce qui est impossible. Je veux dire qu'une conscience limitée, qui implique toujours un centre, une dualité, ne peut pas faire un avec l'éternel. L’infinie réalité, qui n’a ni commencement ni fin, qui est libre du temps, demeure dans l'homme en tout temps. Cette réalité, l’homme peut la réaliser, s’il lui donne tout son esprit et son cœur. Parce que j'ai trouvé cette vie éternelle, je voudrais vous montrer comment dissiper en vous-mêmes ce centre de conscience de soi. La conscience de soi recouvre et cache la réalité. En la dissolvant, en se libérant de ce centre de tout égoïsme, on dégage l’extase de cette vie en laquelle il n'y a point de divisions. Ceci ne peut être réalisé que par un grand effort de la part de l'individu. La plupart des personnes voudraient parvenir à cette condition de l'esprit — qui, elle, est sans effort, qui est la vie elle-même — sans faire un effort. Libérer l’esprit de toute particularité exige un effort vrai. Un effort réel, qui porte juste, est essentiel pour débarrasser l'esprit des idées fausses, des fausses croyances, et de tout ce que l'on s’imagine au sujet de ce qui est censé être la réalité ultime. Vous devez faire le suprême effort de devenir lucides. Vous devez pleinement vous rendre compte de vos actions, de vos pensées, de vos sentiments, et vous ne pouvez faire cela qu'en devenant conscients de votre action dans le présent et en ne vous retournant pas vers le passé. Ainsi vous vous libérez de la conscience de soi, qui est le passé. L’esprit ne peut se renouveler que lorsqu'il est complètement détaché du passé. Vous ne pouvez pas aller examiner le passé pour devenir conscients dans le présent ; ce n'est qu’un esprit libéré du temps qui peut comprendre la béatitude de la vérité.

Votre effort en ce moment crée une confusion de plus en plus grande. Plus vous faites d'efforts, plus vous vous liez, plus votre esprit est surchargé, recouvert de nuages, pris dans un piège. Il s’emprisonne lui-même dans son propre effort, dans sa propre lutte. L'effort vrai est celui qui vous porte à devenir conscients dans le présent, c’est-à-dire à libérer l'action de tout égoïsme. Cet effort conscient dans le présent exclut le temps, il ne porte pas le centre de conscience de soi à s'agrandir. Cet effort vrai est donc essentiel.

La conscience de soi est le centre de l’égoïsme, elle est faite de qualités, d'attributs, d'oppositions. Dans l'effort que vous faites, vous essayez de vous évader d'une qualité dans une autre, mais vous n’essayez pas de vous libérer de toutes les qualités, donc de parvenir au non-effort. Votre esprit est surchargé de peur, donc vous essayez d'être brave. La bravoure contient la qualité de la peur. N'importe quelle qualité contient son opposé. Si vous avez peur, ne recherchez pas son contraire ; cherchez la cause de la peur, qui est la division, l’individualité, la conscience que l’on a d'être soi-même. Alors vous vous libérez de cette lutte continuelle, qui s'appelle le progrès. L'effort existera toujours à moins que sa semence elle-même soit arrachée. La semence de l’effort est la limitation causée par le centre de l'égoïsme, qui est la conscience de soi. Pour dissoudre la cause de la douleur, la conscience de soi, vous ne pouvez pas avoir de motifs ni de stimulants. Pour comprendre l'action, l'esprit doit être libre de motifs, de croyances, d’idéals. L’entendement réside dans l'action libre de croyances.

L'homme vit par l'action, qu'elle soit pensée ou travail. Pour moi la pensée et le travail sont tous deux de l'action. Lorsque vous êtes dans l'extase de la pensée, il n'y a à cela ni stimulant ni motif. Lorsque vous êtes dans la profondeur d'un sentiment fort, toutes les croyances, les idées, les limitations sont balayées. L’homme se plonge dans le labeur à cause de la conscience de soi. Il espère se libérer de son égoïsme par des stimulants et des attractions. Je dis, au contraire, que vous ne pouvez pas vous libérer de ce centre de conscience de soi par des stimulants ou des croyances.

Un stimulant entrave la spontanéité de l’action. En lui il n'y a pas de joie. Vous ne faites que vous façonner à une croyance, et toutes les croyances sont des choses mortes. Pour agir en toute plénitude vous devez dissoudre le centre même qui crée les croyances. Ainsi vous devenez capable de vivre d’une vie plus riche, au lieu de compter toujours sur quelque chose qui vous guide et vous dirige. Cette plénitude de vie défie les complications des croyances. Pour comprendre l’expérience, pour trouver des valeurs vraies, vous ne pouvez avoir ni croyances ni motifs.

J'appuie tellement sur la pensée, parce que, pour moi, l’amour est sa propre éternité. C’est la pensée qui corrompt l’amour. Je ne parlerai pas de l'amour, qui est éternel. Il défie toute description, il n'a besoin d’aucune purification, d’aucune glorification, il est pour toujours libre du « vous » et du « moi ». Cet amour est perverti par l’esprit, avec ses particularités, ses distinctions, ses divisions. L'amour est éternel, éternellement constant, mais vous ne le réalisez que lorsque vous avez libéré l'esprit de la conscience de soi, centre de l’individualité.

La pensée et le sentiment sont constamment en guerre ; ils se battent entre eux et s’efforcent de se maîtriser l'un l’autre. Par conséquent vous mettez la pensée de côté et vous essayez de la vaincre par l'amour. De cette façon vous séparez la pensée de son propre accomplissement. Lorsque la pensée est complète — lorsqu’elle est libre de sa propre création, la conscience de soi — alors seulement y a-t-il harmonie parfaite de l’esprit et du cœur. La pensée doit perdre, par l’action, par la pleine conscience de soi, sa propre particularité. La pensée doit perdre son objectivité, elle doit cesser d'être un simple spectateur. Si vous vous rendez compte le moins du monde de ce qui se passe en vous, vous savez que votre pensée est constamment en observation ; elle crée l'objet. Ou plutôt, votre esprit crée la dualité, le « vous » et le « non-vous », les opposés. Tant que votre esprit est retenu prisonnier par sa propre conscience de soi, il y aura toujours un sujet et un objet. L'esprit doit perdre la notion de son propre centre. Vous n’êtes que l’observateur tant que votre centre de conscience de soi existe, tant que dans votre esprit existe une pensée égoïste, la dualité ; et ce centre ne peut être dissous que par la pleine conscience de soi. Un esprit imparfait, bien qu’il puisse se consumer par un grand amour, demeurera toujours imparfait, et cette imperfection est la cause d'incessants conflits. Il n'y a harmonie que lorsque l'esprit a dissous son propre centre par l’action. Alors est l'extase, qui se renouvelle sans cesse elle-même, qui a vaincu le temps.

La volonté existe tant qu'existe le choix, qui est un effort ; tant que vous avez à choisir entre ce qui est essentiel et ce qui ne l’est pas, entre le faux et le vrai, la volonté existe. Lorsqu’il n'y a plus choix, lorsque la pensée est libre de la conscience de soi qui crée les distinctions, alors la volonté disparaît. Lorsque le désir, qui est la volonté, est retenu prisonnier à cause de l’égoïsme, alors l’action ne fait que renforcer la conscience de soi. Pour vous libérer de la cage de la conscience de soi, vous devez devenir pleinement conscient des fausses valeurs qui vous entourent, donc rompre avec elles. Pour découvrir les fausses valeurs, l'action doit être libérée des croyances, des stimulants, des idéals.

Si un idéal ou un stimulant, quelque noble ou magnifique qu'il puisse être, vous libère d'une cage particulière de fausses valeurs, vous avez encore le pouvoir de vous créer une autre cage. Un esprit qui n'a pas compris les vraies valeurs ne cesse de se créer une illusion, une cage autour de lui-même. Ce n'est que par un effort vrai, qui consiste à devenir pleinement conscient de soi dans le présent, c'est-à-dire à percevoir les vraies valeurs, que l'on peut faire disparaître le centre de l’individualité.

Pour agir Vrai, spontanément, avec cette intensité de vie, vous n’avez pas besoin d'une croyance qui vous pousse à l'action juste. L’action qui naît d’une croyance n'est pas spontanée, et en elle il n’y a pas de joie. L'imitation exclut le bonheur. Pour comprendre la vie, qui englobe tout, l'action doit être libérée de la conscience de soi

14 février 1932.

Source : krishnamurtiaustralia.org.

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