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Bulletin de L'Étoile N°2 Mars-Avril 1932

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JIDDU KRISHNAMURTI

Bulletin de L'Étoile

Extrait du n° 2 de la revue Bulletin de L'Étoile (Nouvelle série), (Mars-Avril 1932)

© Edité par « The Star Publishing Trust », 1932

Sommaire
RÉFLEXIONS. — Extrait du carnet de notes de J. Krishnamurti
Causeries à Ommen (1931)

Causeries à Ojai (II) Modifier

L'action est l'instrument par lequel la vie devient consciente d'elle même. (p. 40) Modifier

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J’essaierai d’expliquer ce que j'entends par un esprit alerte. L’expérience est, en somme, la façon dont on répond aux incidents de la vie. Être alerte c’est être capable de distinguer entre l’action pure et les réactions, celles-ci pouvant être positives ou négatives. Une réaction positive est celle qui surgit de votre propre individualité intrinsèque, ou égoïsme ; la réaction négative est suscitée par l’extérieur. Toute action qui n’est pas pure est une réaction, car, qu’elle soit positive ou négative, elle naît de la sensation. L’action pure, qui est libre de toute réaction, n’a ni motif ni stimulant, et est libérée du centre d’égoïsme.

Source : krishnamurtiaustralia.org.







Unicité individuelle. (pp. 42-43) Modifier

Ce qui crée les illusions, ce qui crée les croyances, c’est l’idée du « je », de l’ego, de l’unité dans la séparation. Tant que vous n’êtes pas encore conscients de vous-mêmes, vous créez l’ignorance. En demeurant de plus en plus conscients de vous-mêmes, en passant à travers la flamme de la conscience de soi, vous réalisez ce qui est ultime, c’est-à-dire votre délivrance de la conscience de soi, créatrice de l’ignorance. En d’autres termes, il y a illusion tant que la conscience de soi détruit toutes les illusions. Vous ne pouvez pas libérer cette conscience de soi, cette limitation, en vous égarant dans des œuvres, dans le service pour une cause, ou dans la croyance en des Sauveurs, des Maîtres, etc. Vous ne pourrez la libérer qu’en apprenant à savoir si vos actions sont basées sur une croyance, une stimulation, sur l’égoïsme. Ne passez pas à travers toute la gamme des croyances, mais devenez conscients de votre action, dans le présent. Libérez votre esprit de tous les idéals, car ils ne dissolvent pas la conscience de soi. En demeurant pleinement conscient de soi dans le présent, dans la pensée, dans l’émotion, donc dans l’action, on libère la conscience de soi, qui est une limitation, une qualité.

Source : krishnamurtiaustralia.org.







Unicité individuelle. (pp. pp. 45-47) Modifier

QUESTION.Je désire travailler honnêtement, et recevoir en échange un salaire honnête. Pourtant je chôme depuis six mois et j'ai oublié ce que c'est que de n'avoir pas faim. On me dit que vous ne possédez rien, mais vous êtes, c'est bien évident, protégé par vos amis, car votre visage est encore beau, et votre corps est habillé et bien nourri. Vous parlez de la Vérité. Comment pouvez-vous discourir quand des milliers d'hommes sont affamés. Que sont tous ces mots sur la Vérité ? Pour moi, la Vérité c'est se nourrir, travailler, vivre. Vous passez votre temps à parler d'un état de conscience hypothétique. Il est bien certain que l'homme qui s'attaque au problème du chômage, qui activement aide son voisin, fait un meilleur usage de sa connaissance. Que répondez-vous à cela ?

KRISHNAMURTI. — Une civilisation qui a ses racines dans l'égoïsme ne peut pas être changée en un jour. Elle a besoin de rééducation. Une civilisation dans laquelle les individus sont déchaînés dans leur agressivité doit être changée fondamentalement. Elle doit être basée sur une communauté de travail, dans laquelle l'égoïsme individuel n’a aucun champ d’action, dans laquelle la compétition individuelle ne reçoit aucune récompense, mais dans laquelle l'individu doit conserver l'intégrité de son individualité, uniquement afin de chercher l’entendement. Telles que les choses sont actuellement, l'homme est égoïstement individualiste, combatif dans son désir brutal de parvenir ; il recherche des gains égoïstes, il cherche à accumuler des possessions et à exercer un pouvoir tyrannique ; et tout cela crée un chaos complet. D’autre part, dans la recherche de la Vérité, là ou il devrait conserver son individualité absolument entière, et par conséquent la libérer de la conscience de soi, il fabrique des Sauveurs, des Maîtres, des croyances, des idéals, des autorités, et tout cela veut dire suivre en aveugle. Insistez sur l’importance de l'individualité à sa vraie place, là où l'individu réalise sa plénitude en lui-même. Nous devons naturellement nous aider les uns les autres, nous devons vivre ensemble, travailler ensemble, nous comprendre mutuellement, mais cela c'est ce qui se produit normalement et sans effort lorsqu’on a la vraie compréhension de la fonction de l'individu.

Ce que je désire expliquer, c'est que l'individu est complet en lui-même. Dans la réalisation de cette totalité réside le vrai bonheur. Un tel homme n’est jamais l’esclave d'un autre, il n'a pas de croyances, il est en paix avec lui-même, riche en compréhension, il vit entièrement et d'une façon naturelle dans l’éternel présent. Ainsi il aidera à créer un ordre véritable.

A cause de cet ordre, il y aura du travail, du pain et des possibilités pour chacun, mais sans cette vraie conception de l'individu, il y aura toujours du chaos dans le monde.

24 janvier 1932, II.

Questions et réponses Modifier

Le désir, c'est la vie elle-même. (pp. 53-54) Modifier

QUESTION.Devons-nous voir dans les émotions les plus fondamentales des hommes — la faim, la soif, le sexe, l'amour — quelque chose dont nous devons avoir honte ; ou devons-nous reconnaître en elles des expressions de la vie, et en même temps les nettoyer de tout égotisme ?

KRISHNAMURTI. — Vous ne pouvez pas nettoyer ce qui est une véritable expression de la Vie. Vous ne pouvez nettoyer que ce qui est une expression de l'égotisme. La vraie expression de la Vie est libre, elle n'est pas limitée par la conscience de soi. Donc elle est, et il n'y a rien là à nettoyer. Elle est une partie de ce qui est essentiellement adorable, la Vie. Elle est complète ; en elle il n’y a pas de séparations, elle ne surgit pas de la douleur, de la souffrance, de la peur des oppositions. L'amour, qui est sa propre éternité, est la Vie.

Dans sa plénitude, l’amour ne connaît pas de distinctions de personnes, de possessions, il n’y a en lui ni divisions, ni attraction, ni répulsion. Il en est de même de l'intelligence, de la pure perception intérieure, qui est un attribut de la Vie, sa véritable expression.

Tant qu’un homme s’accroche à la conscience de soi, il y a lutte en lui entre des opposés, les goûts et les dégoûts, l'attraction et la répulsion. Un homme qui désire être libre de toute conscience de soi doit être normal, il ne doit supprimer aucun désir au moyen de la peur, mais il doit comprendre son conflit, son amour, son problème sexuel. Cette compréhension le libérera de la conscience de soi. Dans l’homme réside à chaque instant la Vie dans sa totalité ; mais tant qu’existe en lui la conscience de soi, avec toutes ses qualités, avec ses oppositions, vertus, terreurs, attachements, il est retenu prisonnier des illusions. Il s’imagine être incomplet, et de ce manque de quelque chose en lui surgit l’oppression, l’expression de l'autorité, le sens de la possession, du pouvoir. Lorsqu'un homme désire réellement être libre, lorsqu’il aspire réellement à cette totalité, il se sert de tout cela comme tremplin, et grâce à ces conflits il recueillera la signification de l’expérience.

Ommen 1931, VI.

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