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Hui-Neng

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Hui-Neng et Shenxiu


Dans le développement historique du Chan (qui deviendra le Zen au Japon), il existe une figure tout à fait originale qui est celle du 6e patriarche chinois, Hui-Neng MM (638-713). C'est à partir de lui que le Bouddhisme indien a véritablement été façonné par la mentalité chinoise. Issu de l'esprit indien hautement philosophique, métaphysique et spéculatif, il a dû se plier à l'esprit chinois, pragmatique, réaliste, positif.

Selon la tradition, Hui-Neng12 était illettré mais il possédait une très forte intuition religieuse. Ayant entendu un jour réciter un sûtra, il en fut si ému qu'il décida de consacrer sa vie à l'étude du Chan. Lorsqu'il arriva au monastère situé sur la montagne de la Prune Jaune, le maître qui le reçut lui demanda :

- Tu es donc un homme du Sud, mais les hommes du Sud n'ont pas de nature bouddhique ; comment peux-tu avoir l'espoir d'atteindre l'état de Bouddha ?

Sur quoi Hui-Neng répondit :
- II peut y avoir des gens du Sud et des gens du Nord mais quand il s'agit de la nature du Bouddha, comment peut-on faire une telle distinction ?

Cette réponse plut au maître qui employa Hui-Neng comme broyeur de riz dans la communauté monastique. C'est-à-dire qu'il eut le poste le plus obscur et le plus ingrat qui soit. Un an plus tard, le maître éprouva le désir de choisir son successeur et demanda à chaque moine de composer une strophe afin qu'il puisse se rendre compte de leur évolution spirituelle. Mais chacun s'accordait à penser que Shenxiu (605 ?-706) serait le successeur du maître et il n'y eut que lui pour composer une strophe. Il l'accrocha sur un poteau dans la cour du monastère :


Le corps est comme l'arbre de la Bodhi
L'âme est comme un miroir brillant
Veille à le tenir toujours propre
Sans laisser la poussière s'amasser sur elle


Hui-Neng se fit lire cette strophe et dicta la sienne à une tierce personne :


La Bodhi n'est pas comme l'arbre
Le miroir brillant ne luit nulle part
Comme dès le premier jour il n'y a rien
Où la poussière pourrait-elle s'amasser ?


Le maître comprit que Hui-Neng était digne de le remplacer mais, ayant peur d'une émeute, il lui passa en secret les insignes de la succession (le bol de mendiant et la robe). En effet, Hui-Neng ne jouait qu'un rôle très obscur au sein de la communauté monastique et, de plus, il n'était encore que laïc. Le soir même, Hui-Neng s'enfuit du temple vers le sud de la Chine où il se cachera, vivant en compagnie de chasseurs. Une quinzaine d'années plus tard, il se fera reconnaître au cours d'une anecdote restée célèbre dans les annales du Zen. Arrivant au temple de Fa-Xing, Hui-Neng surprit des moines qui se disputaient au sujet d'une oriflamme qui flottait au vent.« Qui de l'oriflamme ou du vent s'agitait ? », telle était la question.

Hui-Neng les interrompit : « Ce n'est ni le vent ni l'oriflamme mais votre propre esprit qui s'agite ».

Les moines furent grandement impressionnés et réclamèrent son enseignement. Hui-Neng révéla alors qu'il était le 6 patriarche.

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