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LOUIS NDUWUMWAMI

Krishnamurti et l'éducation

© Éditions du Rocher, 1991

La Dissolution de L'Ordre de L'Étoile

A la découverte de Krishnamurti

Nduwumwami.jpg

L'ordre de l'Étoile d'Orient, fondé en 1911, doit annoncer la venue d'un nouveau messie : l'instructeur du monde. Dès sa formation, K. en est le chef. En quelques années, cet ordre devient une organisation florissante : « Elle comprenait des milliers d'adhérents, des lieux de conférences aux quatre coins du globe; une entreprise commerciale indépendante, éditant des livres et des publications en douze langues ; des bénévoles parmi toutes les classes de la société, prêts à tous les sacrifices, matériels et moraux; en fait, un tout-puissant appareil pour la propagation d'un message spirituel. [1] »

Les Églises, les dogmes, les cérémonies ne sont que pierre d'achoppement sur le chemin du vrai. [2]

Dès l'ouverture du camp annuel d'Ommen, le 3 août 1929, K. prononce un discours-fleuve en présence de Mme Besant et devant un auditoire de trois mille personnes.

Ce matin nous allons parler de la dissolution de l'ordre de l'Étoile. [3]

« on commence par la mystique et on termine dans l'administration ».

Vous connaissez peut-être l'histoire du diable et d'un de ses amis qui marchaient dans une rue, quand ils aperçurent devant eux un homme qui se baissait pour ramasser quelque chose par terre et qui, après l'avoir regardé, le mit dans sa poche. L'ami dit au diable : “ Qu'est-ce qu'il a ramassé ? “ Un morceau de vérité “, répondit le diable. “ Sale affaire pour vous, alors “, dit son ami. “ Oh, pas du tout! “ répliqua le diable, “je vais le laisser l'organiser “. [4]

« La vérité est un pays sans chemin. »

Je soutiens que la vérité est un pays sans chemin : vous ne pouvez avancer vers elle par quelque voie que ce soit, par aucune religion, aucune secte. Tel est mon point de vue et j'y souscris entièrement, inconditionnellement. La vérité étant infinie, non conditionnée, inapprochable par aucune voie, on ne peut l'organiser; on ne peut pas non plus constituer une organisation pour amener ou forcer les gens à suivre un chemin particulier. Si vous avez compris cela, vous verrez combien il est impossible d'organiser la foi. La foi est quelque chose de strictement personnel, vous ne pouvez ni ne devez l'organiser. Si vous le faites, elle meurt, se cristallise, devient un credo, une secte, une religion que l'on impose aux autres. [5]

« Toutes les sectes plus ou moins initiatiques, l'ordre de l'Étoile lui-même, sont résumées dans une seule appellation : “ une organisation “. Tout devient clair, l'imprécision a disparu et nous sommes en face d'une réalité concrète. [6] »

Elles entretiennent l'intérêt que l'on porte aux idées, mais elles ne font que le susciter de l'extérieur. L'intérêt, qui ne provient pas de l’amour de la vérité en soi mais qui est suscité par une organisation, n'a aucune valeur. L'organisation devient une structure dans laquelle ses membres peuvent se glisser confortablement. Ils ne luttent plus pour la vérité ou pour le sommet de la montagne, mais plutôt pour se creuser une niche confortable et s'y loger ou pour laisser l’organisation les y mettre, et ils considèrent que l’organisation va par ce moyen les conduire à la vérité. [7]

Je peux utiliser une voiture ou un paquebot pour voyager, ce ne sont que des aspects pratiques qui n'ont absolument rien à voir avec la spiritualité. Une fois de plus je soutiens qu’aucune organisation ne peut conduire un homme à la spiritualité. Si l'on crée une organisation dans ce but, elle devient une béquille, une faiblesse, un esclavage; elle rend l'individu infirme et l'empêche de se développer, d'établir son unicité qui, elle, réside dans la découverte personnelle de cette vérité absolue et non conditionnée. Voilà une autre raison pour laquelle j'ai décidé, en tant que chef de l’Ordre, de le dissoudre. Personne ne m’a convaincu de prendre cette décision. [8]

Que je ne veuille pas de disciples n'est pas une initiative glorieuse et je l'entends bien ainsi : dès l'instant où vous suivez quelqu'un, vous cessez de suivre la vérité. Il m’importe peu que vous fassiez ou non attention à ce que je dis. Je veux accomplir une œuvre en ce monde, et je le ferai avec une inflexible détermination. Une seule chose m'importe et elle est essentielle : rendre l'homme libre. [9]

Vous êtes habitués à l'autorité, ou à l'atmosphère autoritaire qui, pensez-vous, doit vous conduire à la spiritualité. Vous pensez et espérez que quelqu'un d'autre, grâce à ses pouvoirs extraordinaires, ou par miracle, peut vous transporter dans ce royaume de liberté éternelle qu’est le bonheur. Toute votre conception de la vie repose sur l'autorité. (...) Quand vous recherchez une autorité pour vous conduire à la spiritualité, automatiquement vous êtes amenés à fonder une organisation autour de cette organisation. Mais cette organisation même, destinée à aider l'autorité à vous conduire à la spiritualité, vous enfermera dans une cage. [10]

Vous vous imaginez que seules certaines personnes détiennent la clé du royaume du bonheur. Nul ne la détient. Personne n'a l'autorité pour la détenir. Cette clé est votre propre moi; dans le développement, la purification et l'incorruptibilité de ce moi seul, se trouve le royaume de l'éternité. (...) Qui, sinon vous, peut vous dire si intérieurement vous êtes beau ou laid ? Qui, sinon vous, peut vous dire si vous êtes incorruptible ? [11]

La seule spiritualité, c'est l'incorruptibilité du moi qui est éternel et l'harmonie entre la raison et l'amour. C'est la vérité absolue et non conditionnée qui est la vie elle-même. [12]

Je ne m'occupe pas de savoir si oui ou non vous croyez que je suis l'instructeur du monde. Cela a bien peu d'importance. Puisque vous faites partie de l'ordre de l'Étoile, vous avez donné votre soutien, votre énergie, vous avez reconnu que Krishnamurti est, partiellement ou totalement, l'instructeur du monde; totalement, pour ceux qui cherchent vraiment, et seulement partiellement pour ceux qui se satisfont de leurs demi-vérités. [13]

Je ne cherche pas votre accord, je ne veux pas que vous me suiviez, je veux que vous compreniez ce que je dis. [14]

Parce que je suis libre, non conditionné, entier, non une vérité partielle et relative mais la vérité entière qui est éternelle, je désire que ceux qui cherchent à me comprendre soient libres, qu'ils ne fassent pas de moi une cage qui deviendra une religion, une secte. Ils devront se libérer de toutes leurs peurs — peur de la religion, peur du salut, peur de la spiritualité, peur de l'amour, peur de la mort, peur de la vie elle-même. Comme l'artiste peint un tableau parce qu’il se délecte à le peindre, que c'est l'expression de lui-même, sa gloire, son bien-être, ainsi je fais cela, et non parce que je désire quoi que ce soit de quiconque. [15]

Je n'ai qu'un but: libérer l’homme, l’exhorter à aller vers la liberté, l'aider à dépasser ses limites parce qu'il n'y a que cela qui lui apportera le bonheur et la réalisation non conditionnée de son moi. [16]

Mon seul souci, c'est la libération totale et inconditionnelle de l'homme. [17]

Un journaliste, qui m'interviewait, considérait que c'était un acte superbe de dissoudre une organisation comprenant des milliers et des milliers de membres. Pour lui, c'est un acte superbe, car il m'a dit : “ Que ferez-vous après ? Comment vivrez-vous ? Personne ne vous suivra, les gens ne vous écouteront plus. “ S'il y a ne serait-ce que cinq personnes pour écouter, pour vivre, pour avoir le visage tourné vers l'éternité, ce sera suffisant. A quoi cela servirait-il des milliers de gens qui ne comprennent pas, qui sont complètement englués dans leurs préjugés, qui ne veulent pas ce qui est nouveau, mais préfèrent interpréter le nouveau à la convenance de leur moi stérile et stagnant? [18]

Pourquoi des gens faux et hypocrites me suivent-ils, moi, l'incarnation de la vérité? [19]

Je parle franchement car je veux régler cela une fois pour toutes. Je ne veux pas que ces discussions puériles se renouvellent année après année. [20]

Si je parle avec force, ne vous méprenez pas, ce n'est pas par manque de compassion. Si vous allez voir un chirurgien pour une opération, ne fait-il pas preuve de bienveillance en vous opérant, même s’il vous fait mal ? Alors, de la même manière, si je parle franchement, ce n'est pas par manque de véritable affection. Tout au contraire. [21]

Après avoir réfléchi lentement, soigneusement, patiemment, pendant deux ans, j'ai pris la décision de dissoudre l'Ordre puisqu'il se trouve que j'en suis le chef. Vous pouvez former d'autres organisations et attendre quelqu'un d'autre. Cela ne me concerne pas, pas plus que la création de nouvelles cages, de nouvelles décorations pour ces cages. [22]

Alors à quoi sert une organisation ?

Mais ceux qui désirent vraiment comprendre, et sont à la recherche de ce qui est éternel, de ce qui est sans commencement ni fin, marcheront ensemble avec une plus grande ardeur et seront un danger pour tout ce qui n'est pas essentiel, pour les chimères et les ombres. Et ils se concentreront, ils deviendront flamme parce qu'ils ont la compréhension. Tel est le corps que nous devons créer, et tel est mon but. Cette véritable compréhension permettra une véritable amitié. Car de cette véritable amitiéque vous semblez ignorernaîtra une véritable coopération entre nous. Cela n'est pas dû à l'autorité, au salut, mais à votre compréhension véritable. Grâce à cela, vous pouvez vivre dans l'éternel. Cela dépasse tous les plaisirs, tous les sacrifices. [23]

Il m'est naturellement très difficile d'expliquer quelque chose de nouveau avec de vieux mots. Et cependant, il me faut employer les mots ordinaires. Je ne veux pas inventer un langage nouveau, mais je peux donner une nouvelle interprétation aux mots que j'emploie. [24]

« Le mot n'est pas la chose. »

Je suis obligé de me servir du langage ordinaire et d'adapter le sens des mots à mon propre dessein. Les mots, comme intellect, devraient servir de pont. [25]

Comme je l'ai dit à diverses reprises, les mots n'ont de valeur que s'ils expriment la véritable signification des idées qui est derrière les mots. (...) On ne peut décrire en mots une chose indescriptible. (...) Dans mes causeries, je donne aux mots une nouvelle interprétation. (...) Il faut aller au-delà des mots, vous efforcer de saisir la signification que je leur donne, et non les accommoder au sens qui vous convient. [26]

Comment pouvez-vous décrire à un aveugle la beauté du soleil levant ou du soleil couchant ? (...) La beauté réelle, il faut la voir. Ainsi, les mots ne peuvent-ils servir que de pont; j’emploie, avec une intention bien déterminée, des mots ordinaires en leur donnant un nouveau sens. [27]

Antoine Bourdelle sculpte, parmi ses dernières œuvres, un très beau buste de K.. [28] Sensible à la beauté et à la sagesse de son modèle, il lui confie, mi-interrogateur : « Faut-il donner ce que l'on porte en soi de plus sacré et le vouer ainsi presque infailliblement à l'incompréhension?

- Le même problème se pose pour moi, lui répondit K., qui ajouta : La fleur au bord de la route poussiéreuse ne garde pas pour elle son parfum, elle est à la merci du passant. Puis, après un moment de silence : Il faut tout donner, dit-il. [29] »

Mon unique but dans la vie est d'aider les autres à atteindre la libération et le bonheur que j'ai trouvés pour moi-même, car tel est le but de toute l'humanité. [30]

Aider les autres, (...), c'est leur faire réaliser qu'en eux-mêmes réside la vérité, le tout, la plénitude de la vie. [31]

Le soleil ne se préoccupe pas de savoir sur qui il brille. [32]

L'homme libéré aide par ce qu'il est.... en existant, simplement. [33]

Dans la recherche de la vérité, qui est le vrai service rendu à l'humanité, on ne peut ni se décevoir, ni être hypocrite. [34]

Je dis que j'ai découvert, que j’ai établi pour moi-même une certaine vérité; j'ai l'ardent désir de montrer cette vérité à tous ceux qui sont disposés à l'apprendre. Mais si vous adorez l'individu qui apporte cette vérité, ce ne sera plus la vérité. L'individu périt. Si vous bâtissez autour de cet individu, votre édifice croulera

Le véritable ennemi de la liberté, c'est la tradition morte, la vie de seconde main, la vie présente tenue en servitude par les formules usées du passé. [35]

Il n'est peut-être pas un pays au monde sur lequel la mainmise de la tradition pèse aussi lourdement que sur l'Inde. [36]

Je vous ai souvent expliqué ce qu'est la consommation finale de la vie, c'est-à-dire cette vie dans laquelle il n'y a pas de séparation. Le Bouddha et le Christ ont tous deux réalisé cette vie, mais elle appartient, en potentialité, à tout homme. Lorsqu'on l'a réalisée, toute séparation cesse; aussi ne peut-il y avoir en elle aucune distinction de noms. En y pénétrant, chacun devient le Tout; il devient la vie même. Le Christ et le Bouddha sont la vie et, potentiellement, chacun est la vie. C'est cette vie que je dis avoir atteinte. Ne vous laissez donc pas prendre à la confusion des mots. [37]

Le Bouddha, le Christ ou les maîtres ne sont que des expressions de la vie. Vous devez être au-delà de toute personne, de tout type, de toute réalisation individuelle. Vous devez trouver votre vérité dans l'être pur. [38]

Si vous voulez découvrir la vérité, il faut mettre de côté l'hindouisme, le bouddhisme, toutes les religions et chercher uniquement et entièrement par vous-même, parce que la vérité est un pays sans chemin, la vie est un pays sans chemin, et vous ne pouvez l'approcher d'aucun point de vue, par aucun sentier. [39]

Quelques-uns d'entre vous invoquent le Christ, d'autres un maître; les uns regardent vers le Bouddha, les autres vers les prophètes et les prêtres. (...) Ce que je dis est entièrement l'opposé de tout cela. [40]

J'ai clairement exprimé que ce que je dis n'a rien de commun avec ce qu'en général le Chrétien, le théosophe, l'hindou, le bouddhiste croient être la vérité. Si vous voulez comprendre mon point de vue, vous raisonnerez, vous examinerez, vous réfléchirez, mais vous ne perdrez pas votre temps et votre énergie dans les compromis. [41]

Vous voulez donner la compréhension et l'amour d’une certaine manière qui est “ la vôtre “; vous êtes blessés quand on ne l'accepte pas; mais ce don n'est que le don de l'illusion, non de la réalité. Aussi renferme-t-il une certaine cruauté car il naît du désir de donner, de guider, de contrôler. C'est ainsi que nous recevons notre moralité bornée. [42]

Parce que vous avez extériorisé la vérité, alors vous avez besoin d'un intermédiaire qui vous explique cette vérité et cet intermédiaire créé par vous est un exploiteur. [43]

Pour moi, la vie est à la fois le créateur et le créé, le sujet et l'objet, le non-manifesté et le manifesté. Si l'on considère la totalité de la vie, il n'y a ni objet ni sujet. Ce en quoi toute individualité comme toute séparation existe ne peut avoir conscience d'un objet et d'un sujet. Cette vie est toute chose, elle ne perçoit pas l'objet créé comme séparé d’elle-même. L'homme, en tant qu'individu séparé, fait une distinction entre le sujet et l'objet, mais ce qui est à la fois objet et sujet ne peut rien percevoir de tel. [44]

Je sens que le danger des discussions métaphysiques c'est qu'elles nous arrachent aux réels conflits qui se dressent devant chacun de nous dans la vie journalière. [45]

A force de vaincre, en comprenant vos désirs cachés, vos passions, vos espérances, vos désespoirs, vos poursuites vaines, votre besoin d'être consolé et réconforté, en les faisant disparaître graduellement, vous arriverez à la vie libérée qui est le bonheur, qui est la demeure de la pure intuition. Quels que soient les objets qui se présentent à cette intuition, elle donne toujours la réponse juste. [46]

J'aimerais beaucoup mieux être un grand pécheur que suivre une morale étroite, parce que je ne crois pas qu'il existe une chose telle que le péché, ou le bien et le mal. Il y a seulement ignorance et connaissance. [47]

« Cette réalité vivante qui ne peut à aucun moment être annihilée par la mort d’un corps, on ne peut la réaliser que par le perfectionnement de soi-même, par une surveillance constante de ses actions, de ses pensées et de ses émotions. [48]

Nul autre que vous-même ne peut vous délivrer de votre souffrance. [49]

la souffrance est bienfaisante :

ô ami,

La douleur est la fleur de l'intelligence,

Elle porte en germe le fruit de la joie.

Hors de la plénitude de ton cœur

invite la douleur,

Et la joie en abondance viendra. [50]

La joie de la délivrance fait oublier les douleurs de l'enfantement.

La douleur crie : “accomplissement!". [51]

L'existence individuelle connaît la vie et la mort, mais il n'existe rien de tel pour la totalité. On ne peut chercher un individu particulier dans la totalité; le faire, c'est se cramponner aux divisions et aux séparations. [52]

Quand vous devenez la totalité, tout existe en vous, les vivants et les morts. Il n'est pas question de séparation. [53]

La réalité ultime existe; cette totalité est l'humain suprême. La réalité ultime existe, que chacun peut réaliser; et moi, un homme, un être humain, je l'ai réalisée. J'affirme que tous les hommes peuvent y parvenir, que tous ceux qui cherchent vraiment peuvent la réaliser. [54]

Pour moi, le complet absolu existe dans l'homme et lorsqu'on le réalise, on est l'être humain suprême et non quelque dieu mythique, extraordinaire et mystérieux. [55]

La vérité est en vous. [56]

C'est parmi les hommes, et non loin des hommes, que se trouvent la vérité et le bonheur. [57]

Dans la recherche de la vérité, il ne peut pas y avoir d'antagonisme. [58]

La vérité garantit l’équilibre de la vie intérieure et sociale :

La vérité doit mener à l’ordre, à la paix, à l'harmonie, tandis qu'une pensée non sincère ne peut aboutir qu'au trouble, au chaos, à l'exploitation des autres. [59]

Vérité est cruelle pour les ténèbres. [60]

Si vous traitez la vie comme l'ensemble de la création — la création n'est que la vie en mouvement -, il n'y a pas de division entre l'homme et l’homme, pas de multiplicité d'Églises, mais l'adoration de la vie en toute chose. Vous réalisez la totalité de la vie, non l'adoration d'un dieu individuel, personnel. [61]

cette vie qui englobe toute la création n’appartient pas à une élite :

Comment pourrait-elle être réservée à quelques-uns, cette réalité qui est en toute chose, en chacun. [62]

Pour moi, cette chose qu'on appelle salut personnel n'existe pas. On ne peut pas confondre la réalisation de la vérité et la personnalité. [63]

La vérité n'a rien à faire avec l'espoir de votre salut personnel; si vous avez cet espoir, il sera la trahison de la vérité. Chacun désire être glorifié dans le futur, avoir une place personnelle dans le paradis, le plus près possible de Dieu, le dieu de sa création. Dans un tel paradis, il n'y a pas l’ombre de vérité. Il est vide de vérité. [64]

L'homme qui réalise la vérité, la vie connaît l’immortalité — non pas la continuation infinie de lui-même qui n’est qu’une illusion, mais l'éternité de la vérité, de la vie. [65]

Réaliser la vérité c’est être assuré de l’immortalité dans laquelle n’existent ni “vous “ ni “ moi “, mais uniquement cet amour qui ne connaît ni la distinction ni le sentiment du particulier, dans lequel ne se trouvent donc ni objet ni sujet. [66]

Celui qui veut se libérer de l’erreur et du désir doit avoir le contrôle parfait de son corps, un contrôle résultant de la compréhension et non pas de la suppression ou de la répression. [67]

Si vous êtes perdu dans vos émotions, dans votre imagination, dans le romanesque et le mystère, vous êtes victime de l’illusion et vous désirez ardemment devenir. [68]

La fonction de l’intellect est d’établir un pont entre l’action et l’intuition. Il doit guider, non pas dominer, et apporter ainsi l'harmonie parfaite. [69]

« Parlant de l'éducation, Krishnamurti émit l'opinion qu'elle doit développer l'absence de toute crainte, l'initiative, l'esprit d'aventure. Il faut encourager le travail manuel et la coéducation. Il faut choisir, pour enseigner, des hommes qui perçoivent et réalisent déjà partiellement le but de la vie. Krishnamurti porte un vif intérêt aux écoles de Bénarès et de Madanapalle. Ces écoles deviennent les expressions objectives de sa conception de la vie ; elles transmettront, à travers les générations, l'esprit de liberté et d'aventure, non par le moyen d'une tradition morte, mais par des personnes vivantes.. [70] » Le but des travaux manuels est de développer « l'esprit de création. [71] »

C'est pendant que vous êtes jeunes qu'il vous faut devenir simples, nets, purs et sereins, que vous devez vous protéger, comme une tendre plante, contre les superstitions, les croyances, les autorités; que vous devez apprendre à croître, comme le majestueux palmier, droits, simples et nets. [72]

« Puisque les hommes et les femmes auront à travailler ensemble dans le monde, les garçons et les filles doivent apprendre à travailler ensemble dès leur enfance : ainsi on leur évitera beaucoup de complications et d'idées fausses. » [73]

Le bonheur dont je parle doit transformer le monde. Ce monde est, à présent, l'expression de la vie en servitude. Si cette vie n'est pas libérée de ses chaînes, vous ne résoudrez jamais les problèmes du monde. [74]

Si j'enseignais dans une école, je ne perdrais pas de vue l'idée de liberté, de libération absolue, de bonheur éternel, comme but à atteindre par les enfants. (...) J'établirais certaines règles, mais toutes seraient subordonnées à ce seul but. [75]

Les parents ont fréquemment une sorte de déformation spirituelle qu'ils imposent à leurs enfants, et il faut plusieurs années aux pauvres enfants pour s'en libérer. C’est pourquoi je dis aux parents : “ Libérez-vous vous-mêmes de toute restriction, soyez pleinement en contact avec la vie, l'amour, la pensée. Vous créerez alors une nouvelle compréhension et, par là, un monde nouveau. [76]

Dans le monde entier l'homme a objectivé la vérité, il s'imagine donc qu'il en est séparé et qu'il progresse constamment vers elle. En d'autres termes, la vérité ne lui apparaît pas éternelle, intérieure; il la conçoit au contraire comme une chose extérieure à lui et vers laquelle il doit s'avancer en accumulant des qualités et des attributs. [77]

De mon point de vue, la vérité n'a pas de sentier, c'est une terre sans chemin à travers laquelle vous devez tracer votre propre sentier, et ce sentier n'est pas celui d'un autre, il ne peut pas être frayé pour un autre

Ceci est très sérieux et je connais parfaitement la confusion qui s'est produite dans la Société théosophique à propos de mon comportement; elle ne m'étonne pas puisque je ne veux pas faire de compromis dans mon attitude envers vos chefs, et ceux-ci ne sont pas avec moi. Cela m'est parfaitement égal car, pour moi, la vérité ne peut être “ dégradée “ ni altérée pour la commodité des sociétés, des organisations et des corps religieux. Parce que vous avez des chefs, parce que vous les suivez, vous êtes dans la confusion. [78]

« Acceptez-vous cette déclaration selon laquelle vous êtes un réformateur fanatique, qui parle principalement pour une foule amie du plaisir? — Ce que je dis est pour tout le monde. Ce que je dis est pour les sages et les non-sages. N'êtes-vous pas tous des chercheurs de plaisir? N'êtes-vous pas tous pris dans le monde des sensations, à quelque société que vous apparteniez? N'êtes-vous pas encore dans les griffes de la souffrance, des désirs, des limitations? Je parle à tous ceux qui écouteront, sans égard pour leur sagesse, sans tenir compte de vos distinctions. C'est à chaque être humain de juger par lui-même. L'homme est son propre libérateur. (...) Je m'adresse à cette souffrance, existant en tout homme quel qu'il soit. [79] »

Je ne connais que le monde et vous êtes le monde. [80]

Je voudrais aussi spécifier que ce que je dis ne doit pas être regardé comme un enseignement oriental. (...) J’ai souvent parlé en Inde; or, là-bas, on me dit que ce que j'enseigne est une philosophie occidentale. (...) J'ai aussi entendu dire que c'était de l'hindouisme pur, ou du bouddhisme pur, ou de la théosophie pure. La plupart des gens disent cela parce qu'ils éprouvent une certaine satisfaction à pouvoir affirmer: “ Oh! nous connaissions tout cela auparavant. “ (...) Ils peuvent s'installer confortablement dans leurs propres formes traditionnelles et y demeurer, ne désirant pas examiner ce qui leur est exposé. [81]

Ne considérez pas ce que je dis comme venant de l'Orient, applicable seulement à l'Orient. A mon point de vue, la vie en Orient et en Occident, au milieu du labeur mécanique, de l'agitation, des amusements, est foncièrement la même. Les mêmes désirs remplissent les cœurs des peuples. [82]

Personnellement, je n'ai pas de nationalité. [83]

« Parlez-vous aux anges comme vous parlez avec nous? Les anges posent-ils des questions comme nous ? » Pour toute réponse, K. relève qu'il y a beaucoup d'humour dans tout cela et éclate de rire. Insatisfaits, les curieux reviennent à la charge et l'interrogent de nouveau sur le comportement des anges. Cette fois-ci K. répond gravement :

Ne pensez-vous pas que tous les anges du monde entourent l'homme pur de cœur, fort dans son esprit, en qui l'amour et la compréhension existent. [84]

Pour moi, la vérité est la vie, la vie de toutes choses, des plus hautes aux plus basses, animées et inanimées. Bien que la vie puisse s'exprimer dans un arbre, un homme, une fleur, dans un oiseau qui vole et que ses expressions puissent être séparées, la vie elle-même n'a pas de division. [85]

Un homme libéré peut être malade; il mourra; mais, mentalement, émotionnellement, il agira toujours, dans toutes les circonstances, d'une manière droite et juste. C'est le point important. [86]

Je sais que le fait d'être contre quelque chose, ou pour quelque chose, est un stimulant mental, car alors on a une raison de s'enthousiasmer et de travailler. Mais, être “pour “ ou “ contre “ n’est que de la sensation. La plupart du temps, on veut être pour ou contre des idées, des organisations, des personnes, la société. Si vous envisagez la vie de ce point de vue-là, vous ne la comprendrez jamais. Je ne vous incite pas à être contre quelque chose, ni à me suivre, mais à comprendre la vérité qui est la vie elle-même. [87]

Du moment que vous ne désirez pas qu'un autre vous suive, du moment que vous n’avez pas besoin de vous appuyer sur son encouragement et sur sa sympathie, vous êtes indépendant de lui et vous êtes alors libre de poursuivre votre chemin sans lui infliger de blessures, bien que vous puissiez aller dans une direction qui n’est pas la sienne. [88]

Je médite en allant faire une promenade dans le bois, en parlant avec une autre personne, en écoutant de la musique, en bêchant dans le jardin, pendant une promenade en voiture ou en lavant les assiettes. [89]

Je réfléchis et “ médite “ à fond. C'est autrement dit le samadhi... Un journaliste m’a demandé si j'étais le Christ; j'ai répondu :Oui, dans le vrai sens du terme et non dans l'acception traditionnelle du mot “ (I, 316).

Je vois tant de souffrance sur le visage de l'homme. [90]

Abréviations Modifier

1. - Ouvrages de Jiddu Krishnamurti  [1] 
A = Face à la vie
B = Réponses sur l'éducation
C = De l'éducation
D = Le Vol de l'aigle
E = Le Journal de Krishnamurti
F = Lettres aux écoles, I
G = Le Changement créateur
H = Aux étudiants
J = The Future of Humanity
L = La Première et Dernière Liberté
M = Se libérer du connu
N = La Révolution du silence
O = Le Réseau de la pensée
P = La Flamme de l'attention
Q = Questions et Réponses
R = Letters to the Schools, II
S = Carnets
2. - Ouvrages biographiques sur Jiddu Krishnamurti.
I. Lutyens, (Mary), Krishnamurti, les années d'éveil.
II. Lutyens, (M.), Krishnamurti, les années d'accomplissement.
3. - Revues
B.E. = Bulletin de l'Étoile
B.I.E. = Bulletin international de l'Étoile
B.F.K. = Bulletin de la Krishnamurti Foundation
B.O.E.O. = Bulletin de l'ordre de l'Étoile d'Orient
C.E. = Cahier de l'Étoile
1. Si la citation est prise à la page 40 de Face à la vie, elle sera représentée, dans le texte, par (A 40).

Notes et références Modifier

  1. Landau (R.), Dieu est mon aventure, p. 105.
  2. Ibid., p. 272.
  3. Le texte intégral de ce discours a été publié après la mort de K. dans le numéro spécial d'avril 1986 du bulletin de la Krishnamurti Foundation (traduction française). Bulletin que je citerai ainsi : B.K.F., n° sp., avril 1986.
  4. B.K.F., n° sp., avril 1986, p. 3.
  5. Ibid., p. 3.
  6. Achard (Y.), Le Langage de Krishnamurti, p. 132.
  7. B.K.F., n° sp., avril 1986, p. 4.
  8. Ibid., p. 4.
  9. Ibid., p. 4.
  10. B.K.F., n° sp., avril 1986, p. 6.
  11. Ibid., p. 8.
  12. Ibid., p. 7.
  13. Ibid., p. 6.
  14. B.K.F., n° sp., avril 1986, p. 7.
  15. Ibid., p. 5.
  16. Ibid., p. 5.
  17. B.K.F., n° sp., avril 1986, p. 9.
  18. Ibid., p. 5.
  19. Ibid., p. 7.
  20. B.K.F., n° sp., avril 1986, p. 5.
  21. Ibid., p. 5.
  22. Ibid., p. 9.
  23. B.K.F., n° sp., avril 1986, p. 8-9.
  24. Bulletin international de l'Étoile, novembre 1930, n° 2, p. 107. Je citerai ainsi ce bulletin : B.I.E.
  25. B.I.E., octobre 1930, p. 76-77.
  26. B.I.E., novembre 1930, p. 131.
  27. B.I.E., décembre 1930, p. 215.
  28. Au musée Antoine Bourdelle, à Paris.
  29. C.E., novembre-décembre 1929, p. 80.
  30. B.I.E., février 1930, p. 196.
  31. B.E., octobre 1931, p. 24.
  32. B.I.E., juillet 1930, p. 422.
  33. B.I.E., octobre 1930, p. 51.
  34. B.E., novembre-décembre 1931, p. 114.
  35. B.I.E., janvier 1930, p. 162.
  36. Ibid., p. 162.
  37. B.I.E., octobre 1930, p. 50-51.
  38. B.I.E., p. 48.
  39. B.I.E., mai 1931, p. 340.
  40. B.E., octobre 1931, p. 27.
  41. Ibid., p. 30.
  42. B.I.E., octobre 1930, p. 22.
  43. B.E., novembre-décembre 1931, p. 90.
  44. B.I.E., décembre 1930, p. 200.
  45. B.I.E., octobre 1930, p. 76.
  46. Ibid., p. 75.
  47. B.E., octobre 1931, p. 37.
  48. B.I.E., novembre 1930, p. 167.
  49. B.I.E., avril 1931, p. 288.
  50. B.I.E., février 1931, p. 195.
  51. Ibid., p. 195.
  52. B.I.E., décembre 1930, p. 193.
  53. B.I.E., novembre 1930, p. 126.
  54. B.E., novembre-décembre 1931, p. 117.
  55. Ibid., p. 118.
  56. Ibid., p. 120.
  57. B.I.E., octobre 1930, p. 31.
  58. B.E., novembre-décembre 1931, p. 77.
  59. B.E., février 1931, p. 69.
  60. B.E., mars 1931, p. 306.
  61. B.I.E., novembre 1930, p. 135.
  62. B.I.E., décembre 1930, p. 219.
  63. B.E., novembre-décembre 1931, p. 103.
  64. B.E., mars 1931, p. 311.
  65. B.E., octobre 1931, p. 19.
  66. Ibid., p. 19.
  67. B.I.E., décembre 1930, p. 189.
  68. Ibid., p. 190.
  69. Ibid., p. 190.
  70. B.I.E., janvier 1930, p. 159-160.
  71. B.I.E., février 1930, p. 214.
  72. Ibid., p. 210.
  73. B.I.E., février 1930, p. 214.
  74. B.E., mai 1931, p. 383.
  75. B.E., avril 1931, p. 353.
  76. B.I.E., octobre 1930, p. 49.
  77. B.E., octobre 1931, p. 16.
  78. B.I.E., juin 1931, p. 376.
  79. B.I.E., novembre 1930, p. 130.
  80. B.E., février 1931, p. 265.
  81. B.E., juin 1931, p. 414.
  82. B.I.E., novembre 1930, p. 242.
  83. Ibid., p. 153.
  84. B.E., juillet 1931, p. 466.
  85. B.I.E., novembre 1930, p. 145.
  86. B.E., octobre 1931, p. 7.
  87. B.E., novembre-décembre 1931, p. 119.
  88. Ibid., p. 79.
  89. B.E., juin 1931, p. 427.
  90. B.I.E., octobre 1930, p. 46.

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