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Le Soutra du Diamant

I Ainsi ai-je entendu : en ce temps-là, le Bienheureux séjournait à Shrâvastî, dans le bocage du Jetavana, le jardin offert par Anâthapindada. [...]

II Le vénérable Subhûti vint alors se joindre à cette assemblée et s’assit parmi les moines. [...] Ô Bienheureux, quelle conduite doivent adopter ces fils et filles de noble famille qui sont vraiment entrés dans le véhicule des bodhisattvas? Comment doivent-ils pratiquer? Comment doivent-ils maîtriser leur esprit? [...] Écoute donc attentivement ce que je vais te dire, ô Subhûti, et prend-le pleinement à coeur. Je vais t’expliquer comment celui qui est entré dans le véhicule des bodhisattvas doit s’y établir, comment il doit pratiquer et comment il doit maîtriser son esprit. [...]


III
Le Bienheureux dit alors au vénérable Subhûti: « Subhûti, ainsi pensera celui qui est entré dans le véhicule des bodhisattvas : il y a tellement d’êtres en ce monde qui méritent le qualificatif d’êtres animés : ceux qui naissent d’un oeuf, ceux qui naissent d’une matrice, ceux qui naissent de l’humidité et de la chaleur, ceux qui naissent miraculeusement, ceux qui sont pourvus d’une forme et ceux qui n’en ont pas, ceux qui ont des représentations mentales et ceux qui n’en ont pas, et enfin ceux chez qui l’on ne trouve ni présence ni absence de représentations mentales.Tous ces êtres qui peuplent les  domaines de l’univers et que l’on nomme « êtres animés », tous, sans exception, quel que soit leur nombre, je les guide à présent vers le nirvâna pour qu’ils accèdent à la dimension de l’au-delà de la souffrance. Et cependant, bien que d’innombrables êtres passent ainsi complètement au-delà de la souffrance, le bodhisattva pensera qu’aucun être animé ne s’est jamais affranchi de la souffrance. Pourquoi? Parce que, Subhûti, si un bodhisattva venait à croire qu’il existe des êtres animés, il ne mériterait pas le nom de bodhisattva. En effet, Subhûti, s’il concevait l’idée d’un être animé, de la vie ou d’un individu, il ne mériterait plus le nom de bodhisattva.

IV En outre, Subhûti, le bodhisattva pratiquera la générosité sans se fixer sur ce qu’il donne; il pratiquera le don sans croire à la réalité de quoi que ce soit; il pratiquera le don sans se fixer sur les formes, sans se fixer sur les sons, les odeurs, les saveurs, les tangibles ni les phénomènes mentaux : voilà comment le bodhisattva pratiquera la générosité. [...]

V Dis-moi, Subhûti, peut-on voir le Tathâgata dans les marques d’excellence qui le parent ?
— Certes non, Bienheureux, on ne verra pas le Tathâgata dans les marques d’excellences qui le parent. Pourquoi? Parce que, comme l’enseigne le Tathâgata, ce qu’on appelle « marques d’excellence » ne constitue nullement des marques d’excellence.
À ces mots, le Bienheureux répondit au vénérable Subhûti : « Subhûti, tout ce qui comporte des marques est trompeur. Tout ce qui est dépourvu de marques ne recèle aucune tromperie. Ce n’est donc pas à ces marques que l’on reconnaîtra le Tathâgata, car dans ce qu’on appelle « marques » on ne trouvera rien de tel que des marques. »

VI Le vénérable Subhûti demanda encore au Bouddha :  « Ô Bienheureux, dans les temps futurs, [...]  y aura-t-il encore des êtres qui, entendant l’énoncé d’un soûtra de ce genre, pourront s’en faire une idée juste?
— Ne tiens pas ce langage, Subhûti, répondit le Bienheureux, [...] alors que le sublime Dharma sera sur le point d’être complètement détruit, il y aura encore des êtres qui, entendant ce genre de soûtra, seront à même de s’en faire une idée juste. [...] Des bodhisattvas grands êtres se manifesteront. [...]
Ô Subhûti, en percevant la véritable teneur de ce soûtra, ils produiront tous une même pensée de foi pure. [...]
Parce que la notion de « moi » est étrangère à ces bodhisattvas grands êtres; il n’est pas de place pour le concept d’être animé en leur esprit ni pour l’idée de vie, ni même pour  l’idée d’individu. En ces bodhisattvas grands êtres, Subhûti, il n’y a pas de place pour le concept de réalité ni pour le concept d’irréalité. Aucune de ces idées n’a sa place en eux. Et pourquoi cela? Parce que s’il en était autrement, Subhûti, si en ces bodhisattvas grands êtres s’insinuait l’idée de réalité, il se produirait alors en eux la croyance au moi, la croyance aux êtres animés, la croyance à la vie, la  croyance à l’individu. En effet, s’il en était autrement, si en eux s’insinuait l’idée de l’inexistence des phénomènes, ils devraient croire au moi, aux  êtres animés, à la vie, à l’individu autonome. Car le bodhisattva ne peut admettre l’idée de réalité : elle est fausse ; il ne peut pas non plus admettre l’idée que la réalité n’existe pas. En conséquence, c’est dans une intention précise que le Tathâgata a déclaré : « Ceux qui savent que les nombreuses réalités du Dharma sont comparables à un radeau se détachent de l’idée même de ces réalités et à plus forte raison de l’idée que ces réalités sont irréelles. »

VII Le Bienheureux poursuivit : «Dis-moi, Subhûti, le Tathâgata se trouve-t-il en possession de quelque réalité de bouddha complètement révélée dans l’Éveil insurpassable, authentique et parfait? Le Tathâgata a-t-il enseigné une réalité de ce genre ?
Il dit, et le vénérable Subhûti répondit : «Ô Bienheureux, d’après ce que j’ai compris de vos enseignements, je dirais que le Tathâgata ne se trouve pas en possession de quelque réalité de bouddha complètement révélée dans l’Éveil insurpassable, authentique et parfait. Il n’a pas davantage enseigné quelque doctrine que ce soit. Pourquoi ? Parce que cette réalité du Tathâgata et cet enseignement ne sont pas des objets saisissables : indicibles, ce ne sont ni des réalités ni des irréalités, parce qu’on reconnaît les êtres sublimes à l’inconditionné. »

VIII [...] Et si, Subhûti, ce fils ou cette fille de noble famille comblait des sept matières les plus précieuses ce domaine d’un milliard de mondes et en faisait l’offrande, et qu’un autre, ayant retenu ne serait-ce qu’un seul quatrain de l’immensité de cet enseignement, l’enseignât dûment aux autres, et l’expliquât en détail, ce dernier produirait une masse de mérites bien plus grande, incommensurable et incalculable. Pourquoi? Parce que, Subhûti, ces actes se trouvent à la source de l’insurpassable Éveil authentique et parfait des Tathâgatas, les arhats bouddhas réellement et complètement éveillés, et les bienheureux bouddhas en naissent.
Comment cela se peut-il? Eh bien, Subhûti, de ces réalités du Bouddha qu’on appelle « réalités du Bouddha », le Tathâgata a dit qu’elles ne sont pas des réalités du Bouddha; et c’est bien pourquoi on les appelle réalités du Bouddha.»

IX – Maintenant, qu’en penses-tu, Subhûti : appartient-il à celui qui est entré dans le courant de penser : « J’ai atteint le fruit de l’entrée dans le courant »?
– Certainement pas, ô Bienheureux. Car il ne s’est engagé dans aucun état particulier, raison pour laquelle il mérite le nom d’Entré dans le courant. Ne s’étant engagé dans aucune forme, aucun son, aucune odeur, aucune saveur, aucun tangible ni même aucun phénomène mental, il mérite le nom de srota âpanna, « Entré dans le courant » .
Pour quelle raison? Ô Bienheureux, si celui qui est entré dans le courant pense avoir atteint le fruit de l’entrée dans le courant, il ne fait qu’adhérer à la croyance au moi, à l’être animé, à la vie, à l’individu.
– Le Bienheureux poursuivit : À présent, que penses-tu de ceci, Subhûti : appartient-il à celui qui ne revient qu’une fois de penser : « J’ai atteint le fruit de l’unique retour » ?
– Non, Bienheureux. Parce qu’il n’y a personne de réel qui puisse obtenir cette qualification de l’unique retour. Sakridâgamin, « Celui qui ne revient qu’une fois » , n’est alors qu’une désignation. Si au  contraire, ô Bienheureux, celui qui ne revient qu’une fois pensait avoir atteint le fruit de l’unique retour, cela trahirait une croyance au moi, à l’être  animé, à la vie, à l’individu.
– Le Bienheureux demanda encore : Qu’en penses-tu, Subhûti : appartient-il à un Sans retour de penser : « J’ai atteint le fruit du sans retour » ?
– Certainement pas, Bienheureux, parce qu’il n’y a personne de réel qui puisse mériter cette qualification de Sans retour.  Anâgamin, « Sans retour » n’est qu’une désignation.
– Et le Bienheureux de poursuivre : Dis-moi, Subhûti : appartient-il à un arhat de penser: « J’ai atteint la condition d’arhat » ?
– Non, Bienheureux, car il n’y a personne de réel qui puisse mériter cette qualification que désigne le mot « arhat » . Si au contraire, Bienheureux, celui qui est un arhat venait à penser qu’il a atteint la condition d’arhat, cela laisserait entendre qu’il croit au moi, à l’être animé, à la vie, à l’individu. [...]

XIX Dis-moi, Subhûti : si un fils ou une fille de noble  famille comblait ce domaine d’un milliard de  mondes à l’aide des sept matières les plus précieuses puis en faisait l’offrande, produirait-il par la force  de ce don une grande quantité de mérites ?
— Oui, Bienheureux, une grande quantité, ô  Bien-allé.
— Il en est ainsi, Subhûti, il en est bien ainsi. Par  ce pouvoir, ce fils ou cette fille de noble famille  produirait une très grande quantité de mérites.
Mais encore une fois, Subhûti, ce que le Tathâgata  appelle « masse de mérites », vraiment « masse de  mérites », il précise bien que cela n’est en rien une  masse de mérites, et ne fait que porter le nom de  « masse de mérites ». »

XX Dis-moi encore, Subhûti : peut-on voir le Tathâgata dans la perfection de son corps formel ?
— Certes non, Bienheureux, répondit Subhûti, on  ne peut voir le Tathâgata dans la perfection de son  corps formel. En effet, ce que le Tathâgata décrit  comme la perfection de son corps formel, il le dit  n’être pas une perfection. Si bien qu’on ne fait que  parler de cette « perfection du corps formel ». »
Le Bienheureux dit encore :  «Et cela, Subhûti : peut-on voir le Tathâgata dans la somme de ses marques d’excellence?
— Certes non, Bienheureux, on ne peut pas voir  le Tathâgata dans ses marques d’excellence. Et pourquoi donc? Parce que les marques d’excellence qu’il décrit, le Tathâgata explique qu’elles ne sont  pas des « marques d’excellence ». Voilà pourquoi « marques d’excellence » n’est qu’une désignation.»

XXI Le Bienheureux demanda : Dis-moi, Subhûti, le Tathâgata pense-t-il qu’il a enseigné le Dharma?
— Non, Bienheureux, il ne voit pas les choses ainsi car le Tathâgata n’a jamais enseigné aucun Dharma.
— Subhûti, poursuivit le Bienheureux, celui qui prétendrait que « le Tathâgata a enseigné le Dharma » parlerait faux : il me discréditerait en se fixant à tort sur ce qui n’est pas. Pourquoi cela? Parce que, Subhûti, on dit bien « enseignement du Dharma », mais il n’est rien qui se puisse concevoir de réel dans l’expression « enseignement du Dharma ». »
Le vénérable Subhûti demanda alors : Ô Bienheureux, y aura-t-il dans l’avenir des
êtres qui, écoutant l’exposé de cet enseignement, en concevront une grande foi ?
Le Bienheureux répondit :  Subhûti, ceux-là ne seront ni des êtres animés ni autre chose que des êtres animés. Pourquoi donc ? Parce que, Subhûti, de ceux qu’on désigne comme des « êtres animés », le Tathâgata précise qu’ils ne sont pas réellement des êtres animés : « êtres animés » n’est qu’une désignation.

XXII Que penses-tu de ceci, Subhûti : le Tathâgata se  trouve-t-il en possession de quelque réalité de  bouddha complètement révélée dans l’Éveil insurpassable, authentique et parfait ?
— Certes non, Bienheureux. Le Tathâgata ne se  trouve pas en possession de quelque réalité de  bouddha complètement révélée dans l’Éveil insurpassable, authentique et parfait.
Le Bienheureux acquiesça :  Il en est ainsi, Subhûti, il en est bien ainsi, car  dans cet état on ne peut concevoir la moindre réalité. En conséquence, on ne fait que parler d’Éveil insurpassable, authentique et parfait.

XXIII
Nonobstant, Subhûti, il n’est rien d’équivalent ni  d’égal à cet Éveil. Voilà pourquoi on le dit insurpassable, authentique et parfait. Toujours égal, cet  Éveil insurpassable, authentique et parfait est dépourvu de soi, de qualité d’être sensible, de vie, d’individualité. C’est l’état de Bouddha parfaitement manifesté dans l’ensemble des qualités vertueuses. Ô Subhûti, ce qu’on appelle qualités vertueuses, véritables qualités vertueuses, le Tathâgata a déclaré que ce n’était pas des qualités. Et pourtant c’est bien de « qualités vertueuses » qu’on parlera.

XXIV [...]
XXV Dis-moi encore, Subhûti : le Tathâgata pense-t-il  qu’il a libéré des êtres animés? Ô Subhûti, ne le  crois surtout pas! Et pourquoi? Parce qu’aucun  être animé n’a jamais été libéré par le Tathâgata. Et  s’il advenait, Subhûti, qu’un seul être soit libéré par le Tathâgata, cela trahirait de la part du Tathâgata une croyance au soi, à l’être animé, à la vie, à l’individu. Or, ce qu’on appelle « croyance au soi », le Tathâgata a déclaré que ce n’était pas une croyance.
Et pourtant, les êtres puérils adhèrent à cette « croyance ». Mais, Subhûti, de ceux qu’on taxe d’êtres puérils, le Tathâgata a déclaré que ce n’étaient pas des êtres réellement existants. « Êtres puérils » n’est donc qu’une désignation.

XXVI Qu’en penses-tu Subhûti : peut-on voir le Tathâgata dans la somme de ses marques d’excellence ?
—Certes non, Bienheureux, on ne peut pas voir le Tathâgata dans ses marques d’excellence.
—Il en est ainsi, Subhûti, il en est bien ainsi, on ne peut voir le Tathâgata dans ses marques d’excellence. Car, Subhûti, si le Tathâgata pouvait être vu dans ses marques d’excellence, tout monarque universel serait à son tour un Tathâgata. Voilà donc
pourquoi le Tathâgata ne peut être vu dans ses marques excellentes.
Le vénérable Subhûti dit alors au Bienheureux : Pour autant que je saisisse le sens des enseignements prodigués par le Bouddha, le Tathâgata ne peut être vu dans ses marques d’excellence.
Alors, le Bienheureux prononça ces stances :

Ceux qui me voient dans ma forme [1] Ou croient m’entendre dans le son de ma voix S’engagent dans l’erreur : Ceux-là ne me voient pas.

En voyant la réalité absolue, on voit les bouddhas, Leur pouvoir de guider vient de leur corps absolu. N’étant pas un objet de connaissance, la réalité absolue Ne se trouve pas à la portée de la conscience ordinaire.

XXVII «Dis-moi, Subhûti : le Tathâgata, l’Arhat, est-il devenu un bouddha complètement manifesté au sein de l’Éveil insurpassable, authentique et parfait de par ses marques d’excellence ? S’il t’arrivait de le croire, Subhûti, tu ne devrais pas le permettre.
Ô Subhûti, le Tathâgata ne peut atteindre l’état de bouddha complètement manifesté au sein de l’Éveil insurpassable, authentique et parfait de par ses marques d’excellence. Subhûti, se pourrait-il que tu penses que les êtres réellement engagés dans la voie des bodhisattvas ont prôné la destruction de quelque phénomène ? Si tel était le cas, Subhûti, tu ne devrais pas persister, car les êtres réellement engagés dans la voie des bodhisattvas n’ont jamais  proclamé la moindre destruction ni l’anéantissement de quelque phénomène que ce soit.»

XXVIII «Par ailleurs, Subhûti, si un fils ou une fille de noble famille comblait autant de mondes qu’il y a de grains de sable dans le Gange des sept matières les plus précieuses et en faisait l’offrande; et si d’autre part un bodhisattva s’établissait en toute patience dans l’inexistence du soi et la non-production des phénomènes, il engendrerait alors une accumulation de mérites bien plus immense, incalculable et incommensurable. Ce bodhisattva, ô Subhûti, ne devrait pas non plus se saisir de cette masse de mérites. »
Le vénérable Subhûti demanda :
« Ô Bienheureux, ce bodhisattva ne doit-il pas gagner cette masse de mérites ?
— Subhûti, répondit le Bienheureux, il doit certes la gagner mais non la réifier contre toute sagesse : le concept « gagner » n’est encore qu’une désignation. »

XXIX « De même, Subhûti, quiconque prétend que le Tathâgata va, vient, se lève, s’asseoit ou se couche, celui-là ne comprend pas le sens de mon enseignement. Pourquoi ? Parce que le terme « Tathâgata » signifie « Qui ne vient de nulle part et ne va nulle part », si bien qu’on l’appelle Tathâgata,  Arhat, Bouddha authentiquement et parfaitement éveillé. »

XXX «Et encore, Subhûti, si un fils ou une fille de noble famille broyait autant d’univers qu’il y a de particules dans ce système d’un milliard de mondes, et les réduisait en fine poussière, en particules infinitésimales, dis-moi, Subhûti, cela produirait-il une immense masse de particules ?
— Une masse immense, ô Bienheureux, vraiment  immense. Pourquoi ? Parce que, Bienheureux, s’il y  avait réellement là une immense masse de particules ténues, le Bouddha ne l’aurait pas appelée  « immense masse de particules ténues ». En effet, ce que le Bienheureux appelle « immense masse de particules », il explique que ce n’est pas une masse.
Si bien que « masse de particules ténues » n’est qu’une désignation.
Quant au système d’un milliard de mondes dont parle le Tathâgata, il déclare lui-même que ce n’est pas un système. Il ne s’agit alors que de la seule désignation « système d’un milliard de mondes ». En effet, ô Bienheureux, s’il s’agissait réellement d’un système de mondes, il faudrait se saisir d’un objet global réel. Or, ce que le Tathâgata appelle « saisie d’objet global », il déclare que ce n’est pas une saisie. Par conséquent, « saisie d’objet global » n’est qu’une désignation.
Le Bienheureux ajouta :
« Qui plus est, Subhûti, cette saisie d’objet global n’étant qu’une désignation conventionnelle, le phénomène qu’elle désigne est au-delà de toute expression et cependant, les êtres puérils s’y attachent [comme à une réalité].»

XXXI « Ô Subhûti, si l’on déclarait que le Tathâgata préconise une philosophie du soi, que le Tathâgata enseigne de même le concept d’être animé, le concept de vie, le concept d’individu, parlerait-on correctement ?
— Non, Bienheureux, certainement pas, ô Bien-allé, car ce que le Tathâgata appelle « philosophie du soi », il déclare que ce n’est pas une philosophie, mais une simple désignation, celle de « philosophie du soi ».»
Le Bienheureux dit encore :
«Ô Subhûti, c’est bien ainsi que les êtres réellement engagés dans la voie des bodhisattvas devraient connaître tous les phénomènes. Et ils devaient les connaître, les considérer et les envisager de manière à ne pas rester fixés sur le concept de phénomène. En effet, Subhûti, ce qu’on appelle « concept de phénomène » au sens fort du terme, le
Tathâgata l’a déclaré n’être pas un concept. Le « concept » ou l « idée de phénomène » n’est rien d’autre qu’une désignation.»

XXXII « Enfin, Subhûti, s’il advenait qu’un bodhisattva grand être comblât des sept matières les plus précieuses des univers incommensurables et indénombrables pour en faire l’offrande, et que, d’autre part, un fils ou une fille de noble famille couchât par écrit un seul quatrain de la Connaissance transcendante, l’apprît, le portât, le récitât, le comprît parfaitement et l’expliquât en grand détail aux autres, ce dernier produirait alors une quantité de mérites bien plus immense, incalculable et incommensurable que le premier.
Et comment l’expliquer correctement ? Comme s’il n’y avait vraiment rien à expliquer : voilà comment il expliquera dûment et correctement ce quatrain. C’est bien ainsi, répète-t-on, qu’il l’expliquera dûment et correctement.

«Comme les étoiles, les mouches volantes ou la flamme d’une lampe, Comme une illusion magique, une goutte de rosée ou une bulle, Comme un rêve, un éclair ou un nuage :
Ainsi devrait-on voir tous les phénomènes conditionnés. »

Le Bienheureux ayant ainsi parlé, le vénérable Subhûti, les bodhisattvas, les quatre groupes de disciples, les moines, les nonnes et les novices des deux sexes, les dieux, les hommes, les titans et les musiciens célestes de ce monde se réjouirent tous et louèrent vivement les paroles du Bienheureux.

Ici s’achève le soûtra du Grand Véhicule intitulé « Sublime Connaissance transcendante tranchante comme le diamant »

@ Le soûtra du Diamant [Livre] : et autres Soûtra de la Voie médiane / trad. du tibétain par Philippe Cornu, du chinois et du sanscrit par Patrick Carré

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