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Nisargadatta - La Pseudo Entité

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Nisargadatta

Cependant, pour voir clairement comment apparaît la pseudo-entité, ou ego (censé être la cause et l'objet de l'attachement présumé), il est nécessaire de comprendre le processus conceptuel de la manifestation. Ce que nous sommes Absolument, c'est unicité-absolu-subjectivité, sans le moindre soupçon d'objectivité. Ceci-cela-que- nous-sommes ne peut se manifester que d'une seule façon : au travers d'un processus de dualité, dont le point de départ est une mise en mouvement de la conscience, le sentiment «Je suis ». Ce processus de manifestation-objectivation, jusqu'alors totalement absent, entraîne une dichotomie sujet qui perçoit et objet perçu, connaisseur et connu.

L'Absolu — subjectivité pure — ne peut que demeurer le seul et unique sujet. Par conséquent, le présumé «connaisseur» et le présumé connu sont tous deux des objets dans la conscience. Tel est le principal facteur à garder à l'esprit. Ce processus ne peut prendre place que dans la conscience. Chaque chose imaginable — chaque sorte de phénomène — perçue par nos sens et interprétée par notre esprit, est une apparition dans notre conscience. Nous n'existons, chacun d'entre nous, qu'en tant qu'objet, qu'en tant qu'apparition dans la conscience d'autrui. Le connaisseur et le connu sont tous deux des objets dans la conscience, mais (et là se trouve le point capital à propos de la pseudo-entité) cela qui connaît l'objet présume être le sujet de la cognition des autres objets, objets évoluant dans un monde extérieur à lui-même, et ce sujet connaissant considère sa pseudo- subjectivité comme une entité indépendante et autonome — un «moi» — dotée du pouvoir d'une action volitionnelle !

Le principe de la dualité, qui prend naissance avec le sentiment «Je suis» et sur lequel repose toute la manifestation, s'intensifie encore lorsque la pseudo-entité, dans son rôle de pseudo-sujet, entre dans le processus du raisonnement, tout d'abord en comparant des contre- parties interdépendantes et opposées (comme par exemple le bien et le mal, le pur et l'impur, le mérite et le péché, la présence et l'absence, grand et petit, etc.) puis, après les avoir comparées, en faisant des discrimi- nations entre elles. La conceptualisation vient de faire son entrée.


Outre cette dichotomie entre sujet et objet, le processus de la manifestation repose sur le concept de base de l'espace et du temps. Sans concept de «l'espace», aucun objet ne pourrait devenir visible dans son volume en trois dimensions ; de même, sans son corollaire le concept du « temps», et donc sans la durée nécessaire pour rendre l'objet perceptible, l'objet tridimensionnel ne pourrait pas être perçu — ni aucun mouvement mesuré. Le processus de la manifestation prend donc place dans l'espace-temps conceptuel, au sein duquel les objets deviennent des apparitions dans la conscience, perçues et connues par la conscience, par un processus de conceptualisation dont le fondement est une scission entre le pseudo-sujet qui perçoit et l'objet perçu. De cette identification à l'agent connaisseur, résulte la notion de la pseudo-personnalité jouissant d'une liberté d'action personnelle. Et là se trouve toute la racine de «l'attachement» illusoire.

Comprenez tout le processus de la manifestation, dit Maharaj, non par fragments épars, mais en un seul éclair d'aperception. L'Absolu est l'aspect non-manifesté de ce que nous sommes et l'objet apparent, son aspect manifesté. Ils ne sont pas différents. Une comparaison grossière serait la substance et son ombre, à cela près que le manifesté serait l'ombre de l'Absolu sans forme ! L'Absolu est intemporel, a-spatial, non perceptible aux sens; les objets manifestés sont soumis au temps, dotés d'une forme limitée et perceptibles aux sens. L'Absolu est ce que nous sommes; les objets manifestés sont ce que nous semblons être en tant qu'objets séparés dans la conscience. L'identification de l'unicité (ou sujet) que nous sommes, à la séparation de la dualité (ou objet) que nous semblons être, constitue «l'attachement », et la «libération» en est la désidentification. Mais tous deux, « attachement » et « libération », sont illusoires car l'entité attachée, et qui recherche la libération, n'existe pas ; l'entité n'est qu'un concept né de l'identification de la conscience à un objet apparent ne constituant qu'une apparition dans la conscience !


Ramesh Balsekar, Les Orients de l'Etre '

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