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 Le coeur de l'enseignement de Sri Nisargadatta Maharaj réside dans la connaissance de notre identité véritable. Cette connaissance constitue le point clef autour duquel tourne tout le reste. Là se trouve la vérité cruciale. Et l'aperception de cette vérité ne peut intervenir que par un vécu personnel intense, non par une étude des textes religieux qui, selon le propre terme de Maharaj, ne représentent pour nous que des " ouï-dire". S'appuyant sur des faits irréfutables et rejetant systématiquement toute hypothèse ou spéculation, il s'adresse souvent au nouveau visiteur en ces termes : «Vous êtes assis là, je suis assis ici, et dehors il y a le monde — et, pour le moment, nous pouvons présumer qu'il doit exister un créateur, appelons-le Dieu. Ces trois/quatre données constituent des faits, ou un vécu, pas un «ouï-dire». Limitons donc notre conversation à ces seuls points.»

 Ce point de départ exclut automatiquement, avec le «ouï-dire», tout ce qui relève des textes traditionnels, conférant aux entretiens de Maharaj un sentiment vivifiant de fraîcheur et de liberté. Ses propos n'ont nul besoin du support des paroles ou des expériences d'un tiers — soit, en fin de compte, tout ce que les textes traditionnels représentent pour nous. Cette approche désarme totalement ces personnes « instruites » qui viennent pour impressionner les autres visiteurs par leur savoir, tout en espérant obtenir de Maharaj un « certificat » attestant du haut niveau de leur propre « évolution». Et en même temps, elle stimule énormément le vrai chercheur qui préfère partir de zéro.

 Avec une telle entrée en matière, le visiteur voit généralement partir en fumée la plupart des questions qu'il avait préparées : elles se fondaient sur du « ouï-dire».En général, Maharaj aide ce visiteur en l'incitant à s'interroger : «En l'absence de quoi, demandera-t-il par exemple, personne au monde ne serait à même de percevoir ou faire quoi que ce soit ? Sans quoi vous ne seriez même pas en mesure de poser la moindre question, et moi de répondre ? Si vous et moi n'étions pas conscients, pourrions-nous avoir cette conversation ? Qu'est-ce que la " conscience " ? N'est-ce pas le sentiment d'être présent, d'être vivant ? Et ce sentiment de Présence Consciente n'a en réalité rien à voir avec la présence d'un individu en particulier : c'est le sentiment de présence consciente en tant que tel. Sans cette conscience, par exemple quand celle-ci quitte le corps au moment de la mort, l'entourage se défait rapidement du corps — on l'enterre ou on l'incinère — parce que sinon, en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire la chair en décomposition commencerait à sentir mauvais. Où donc se trouve alors celui qui, lorsque la conscience était là, était peut-être considéré comme un génie ? On dit qu'il est " mort ". »


LA CONSCIENCE BASE DE TOUTE LA MANIFESTATION


Maharaj dit aux visiteurs qu'il ne parle que d'un seul sujet : la conscience, ou état Je suis. Toute question relative à autre chose serait vaine, car il faut que cette  conscience soit présente avant que quoi que ce soit puisse être. Si je ne suis pas (conscient), dit-il, le monde n'est pas — comme dans le sommeil profond. Le monde n'existe pour moi que lorsque je suis conscient. Toutes  les interrogations du chercheur, affirme Maharaj, doivent par conséquent avoir trait à cette conscience : Comment est-elle apparue ? Quelle est sa source ? Qu'est-ce qui l'entretient ? Quelle est sa nature ? Les réponses à ces interrogations peuvent conduire à la vraie connaissance. Sans la conscience il ne peut y avoir aucune existence de l'objet manifesté, et donc la conscience constitue le Dieu le plus éminent qu'un individu puisse concevoir au sein de son individualité, peu importe le nom qu'il lui donne — Krishna, Ishvara, Shiva, Christ, etc. Quand la conscience quitte le corps, il n'y a plus ni individu, ni monde, ni Dieu.


  La relation entre le corps physique et la conscience, dit Maharaj, doit être clairement perçue. La conscience ne
peut être consciente d'elle-même que tant qu'elle se manifeste dans une forme manifestée, un corps — que ce soit celui d'un insecte, d'un ver de terre, d'un animal ou d'un être humain. Sans corps, dans son état d'Absolu, la conscience n'est pas consciente d'elle-même. Sans conscience, le corps n'est qu'un matériau inerte. Le corps, par conséquent, est la nourriture qui entretient la conscience et l'instrument par lequel elle fonctionne. En fait, dit Maharaj, la conscience est la « nature », ou «identité », ou « essence » du corps physique, comme la douceur est l'essence du sucre.


  Une fois que nous avons compris cette relation intime entre le corps et la conscience, Maharaj nous demande de découvrir la source de ce corps-conscience. Comment est-il apparu ? La source du corps humain est la semence mâle ensemencée dans l'ovule de la matrice féminine ; et au moment de la conception, la conscience se trouve là à l'état latent. C'est cela — la semence mâle fécondée renfermant la conscience latente — qui se développe dans le sein maternel, est délivré le moment venu sous la forme d'un bébé, devient un enfant et croît tout au long de sa plage de vie. Quelle est la force qui sous-tend cette croissance naturelle ? Rien d'autre que la conscience latente dans la semence mâle, cette dernière étant elle-même l'essence de la nourriture consommée par les parents. Il devait donc être clair, dit Maharaj, que la conscience est la nature même du corps physique (comme la douceur est la nature du sucre), et que le corps physique est constitué et entretenu par la nourriture, elle-même l'essence des cinq éléments. Dans ce processus naturel spontané, l'individu, en tant que tel, n'a aucune valeur. Le corps individuel est constitué de nourriture, et la conscience est universelle, présente en toutes choses. Comment l'individu pourrait-il donc prétendre à une existence séparée, ou bien se dire atta­ché et demander la libération pour lui-même ?

Le moindre individu a-t-il été consulté à propos de sa « naissance » et des parents qui lui sont échus ? Le «moi » et le « mien » ne sont apparus qu'après la nais­sance, laquelle constitue nettement le produit d'un pro­cessus naturel dans lequel ni les parents, ni le nouveau- né, n'ont eu le moindre choix. En d'autres termes, souligne Maharaj, le corps-avec-conscience est un dispo­sitif spontanément créé à partir des cinq éléments (l'éther, l'air, le feu, l'eau et la terre) et des trois attri­buts (Sattva, Rajas et Tamas). Ce dispositif croît au fil de sa plage de vie puis «meurt» — c'est-à-dire, retourne aux cinq éléments, et la conscience qui était circonscrite dans le corps est libérée pour de nouveau fusionner dans la Conscience Impersonnelle.

Maintenant, demande Maharaj, dans ce processus naturel de création et destruction d'un dispositif mani­festé, où est-il question d'un «vous» ? Vous n'avez jamais pris part à la création de ce dispositif que «vous» êtes censé être. Vos parents vous ont dit que vous étiez «né» et que ce corps-là était «vous». Mais vous n'avez en fait aucune expérience réelle de cette «naissance ». Ce qui est né, c'est un dispositif manifesté, un appareil psycho­somatique qui est animé par la conscience. En l'absence de la conscience, non seulement ce dispositif-corps n'est d'aucune utilité, mais il faut l'éliminer le plus rapide­ment possible.


Qui donc êtes-«vous » ? Vous êtes, dit Maharaj, ce que vous étiez avant que le corps-avec-conscience ne vienne à l'existence, vous êtes ce que vous étiez «il y a une cen­taine d'années» !


A ce stade, s'élève tout naturellement une question : Qui donc agit dans le monde sous la forme du corps ? A cela, Maharaj répond : Tout, dans la manifestation, est la conscience; c'est la conscience qui agit au travers des millions de corps, conformément à la nature innée de ce qui compose chaque corps. Il existe des millions de formes psychosomatiques mais aucune n'est, à tous égards, exactement semblable à une autre, car chacune présente une combinaison distincte des cinq éléments, plus les trois attributs. Chaque élément possède ses propres caractéristiques, et chaque attribut de même. Imaginez les millions de nuances que peut prendre cha­cun de ces huit aspects, et les milliards et trilliards de permutations et combinaisons possibles ! La conscience agit au travers des corps physiques, chacun doté d'une nature et d'un tempérament qui lui sont propres, fondés en partie sur sa constitution physique et en partie sur le conditionnement reçu. Si cela est clairement compris, il devrait aussi être clair comme de l'eau de roche qu'au­cun individu ne détient l'autonomie d'une action indivi­duelle. Mais l'individu, dans son ignorance, est convaincu que c'est lui qui agit; il « prend livraison », comme dit Maharaj, des actions qui ont lieu, il s'empri­sonne lui-même dans un attachement illusoire, et éprouve de la souffrance et du plaisir. Voilà comment apparaît «l'attachement ».

L'homme se considère comme une créature spéciale, différente de tout le reste de la création ; mais — et Maharaj tient à ce que nous comprenions parfaitement cela — en ce qui concerne les ingrédients de la constitu­tion physique, il n'existe aucune différence entre les divers types de créatures douées de perception. Seul le processus de création diffère.

Source : http://fr.sages.wikia.com/

Ramesh Balsekar, les Orients de l'Etre

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