FANDOM


Nisargadatta Maharaj 05 pi

Nisargadatta

La conscience, dit Maharaj, c'est Mahâmâyâ la perfide, l'ensorceleuse, l'imposteur le plus magistral de tous les temps ! Ce sentiment enchanteur de présence n'est qu'un sentiment, un concept qui fond sur l'Absolu comme un convive indésirable qui s'empare si insidieusement de toute la maisonnée que son hôte s'endort dans un sentiment de bien-être trompeur et de fausse sécurité. Maharaj rappelle aussi une «maladie temporaire», génératrice de délire !


Ce sentiment d'être vivant — d'être présent — est si enivrant que l'on est enchanté par la manifestation qu'il représente. On est tellement pris par le spectacle, que l'on se soucie rarement de savoir si ce spectacle existe réellement ou si ce n'est tout simplement qu'une vision, une hallucination, un rêve, un mirage. On voit l'arbre et l'on en est tellement enchanté que l'on oublie que l'arbre n'est rien d'autre que la croissance de la graine qui en constitue la source véritable. Le propos de Paramârtha ( le sens suprême), c'est la quête de la source, de la graine. Quelle est la graine de cette manifestation ? Si vous n'êtes pas conscient, interroge Maharaj, y a-t-il la moindre manifestation ? Si vous n'êtes pas conscient, l' univers existe-t-il pour vous ? Ce n'est que quand vous êtes (conscient), que le monde est. Ainsi, le monde est manifestement contenu dans un atome de conscience ( résidant, dit-on, dans une minuscule ouverture au centre du crâne). La conscience ne peut pas se manifester, ne peut pas être consciente d'elle-même sans un dispositif psychosomatique, le corps. Quelle est la source du corps ? De toute évidence la semence mâle ensemencée dans l'ovule de la matrice féminine Quelle est la source de cette semence et de cet ovule ? La nourriture consommée par les parents. Maintenant, demande Maharaj, à quelle conclusion en arrivons-nous ? L'Absolu, le potentiel suprême, la source de toute chose ne saurait être une chose aussi bassement matérielle que la nourriture ! Par conséquent, ce « Je suis », la conscience, ce sentiment de présence, ne peut être qu'un concept, une vision, un rêve, une hallucination ! Et cette conscience est la source de toute la manifestation — en fait, elle est la manifestation !

A ce stade, se pose une question essentielle : Qui est parvenu à cette conclusion ? Qui d'autre cela peut-il être que «Je» ? «Je» à qui est imputable tout type de manifestation, Je qui suis toute espèce de phénomène manifesté, Je qui étais présent il y a cent ans, Je qui étais présent avant que le «temps» ne fût conçu, Je qui suis intemporalité, Je qui suis Être non conscient de luimême car dans cela, mon état véritable de Tout, d'Unicité, il n'existe ni présence ni absence.; l'absence de la présence de la présence, l'absence de la présence de l'absence, voilà cela-que-je-suis (et tout être doué de perception peut dire cela — non pas en tant que lui-même, mais en tant que «Je»).


Un résumé de tout cela ne serait peut-être pas inutile :


1. L'existence manifestée, puisque les objets manifestés constituent des apparitions connaissables par les sens et soumises au temps, est une vision, un rêve, une hallucination, qui par conséquent est fausse. L'existence non manifestée est l'Absolu, intemporel, a-spatial, non conscient d'exister, non connaissable par les sens, éternel, qui par conséquent est vrai. Qui dit cela ? La conscience, bien sûr, qui cherche à se connaître et n'y parvient pas, car le Connaître (il n'existe personne pour connaître, le « connaisseur» en tant que tel n'existe pas), le Connaître, donc, ne peut connaître cela qui est luimême le Connaître : un oeil, bien qu'il puisse voir tout le reste, ne peut se voir lui-même. Le chercheur est cela même qu'il cherche — telle est la vérité fondamentale et primordiale.


2. Je, non manifesté, suis la potentialité totale, l'absence absolue du connu et du connaissable, la présence absolue du non-connu et du non-connaissable. Je, manifesté, suis la totalité de tous les phénomènes, totalité du connu dans l'inconcevabilité du non-connu.


3. Seul Je peut exister — le Je éternel — totalement inconditionné, exempt du plus infime soupçon du moindre attribut, subjectivité pure. Le simple fait de penser «moi» suscite instantanément et spontanément l' attachement (bien qu'illusoire): que moi disparaisse, et instantanément, spontanément, vous êtes Je.


4. Sur le plan manifesté, «moi» (et «vous», et «lui») n' est qu'une apparition dans la conscience : comment  une apparition pourrait-elle se trouver dans l'attachement ? Sur le plan de l'Absolu, comment Je — subjectivité pure — pourrait-il avoir besoin de la moindre libération ? La libération, c'est uniquement se défaire de l'idée qu'il existe « quelqu'un» ayant besoin d'être libéré.


5. Comment savoir si l'on fait des progrès sur la voie spirituelle ? L'indice le plus sûr d'un « progrès » ne serait-il pas, dans le sillage d'une appréhension claire,

Source : http://fr.sages.wikia.com/

Ramesh Balsekar, Les Orients de l'Etre

Le Coeur de l'enseignement

Interférence d'un bloqueur de publicité détectée !


Wikia est un site gratuit qui compte sur les revenus de la publicité. L'expérience des lecteurs utilisant des bloqueurs de publicité est différente

Wikia n'est pas accessible si vous avez fait d'autres modifications. Supprimez les règles personnalisées de votre bloqueur de publicité, et la page se chargera comme prévu.

Sur le réseau FANDOM

Wiki au hasard