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Une des premières choses qui peut nous aider, nous accompagner dans le chemin de la présence, c'est la réceptivité, notre capacité à écouter, notre capacité à percevoir de plus en plus finement ce qui se passe ici et maintenant, autant à l'intérieur de nous, les pensées, les sentiments, les émotions, les énergies, les sensations, tout autant qu'à l'extérieur de nous, dans l'environnement dans lequel nous sommes, en termes de voir un objet, une personne, entendre une musique, sentir une chaleur, sentir un parfum, sentir la chaise sous les fesses ou le plancher sous les pieds, ou les vêtements sur la peau, nous avons comme ça toute une gamme d'objets de perception, de choses que nous pouvons percevoir dans l'ici et le maintenant autant à l'intérieur qu'à l'extérieur.

Et ça c'est assez facile à faire. Et cette capacité à percevoir ce qui est dans l'instant présent, c'est pour moi une grande porte vers vivre l'instant présent. Et c'est même pas une porte  vers, c'est des que cette porte s'ouvre nous y sommes. Des que je suis en train de percevoir ce qui est, ici et maintenant, je suis présent, je suis dans la présence; je suis dans l ici et maintenant. Je ne suis pas en train de penser ce qui se passe, je suis en train de percevoir ce qui se passe. Chose qui se passe toujours maintenant, instants après un instant. Et puis ensuite bien sûrs peuvent venir dés pensées à propos de ce que je viens de percevoir.

Donc nous pouvons pratiquer cette présence n'importe où n'importe quand.
Pas besoin de matériel pour faire ça ou de connaissance particulière, ésotériques ou académiques, simplement nous sommes vivants, nous pouvons percevoir ce qui est. C'est simplissime.

Donc tandis que je parle de ça je le fais en même temps, je perçois en même temps tout ce qui se passe dans cette pièce où une partie de ce qui se passe dans cette pièce, donc le son du chauffage soufflant, le son d'une porte ou d'une personne au-dessus ou d'une personne dans la rue qui passerait, je peux entendre ma propre respiration, je peux entendre ma propre voix quand je parle, pour les choses extérieures en même temps à l'intérieur de moi je peux sentir l'état de mon corps en général est-ce que le ventre est plutôt relâché ou tendu, est ce que les pieds sont plutôt froids au chaud, ou les mains, quel est le rythme cardiaque, la respiration, a-t-elle lieu dans l'abdomen, dans la poitrine, ou les deux. Y a-t-il des pensées qui se manifestent dans la conscience, quelles parties du corps sont tendues ou détendues, et je ne vais pas chercher à modifier ce qui se passe, simplement je le vois. Je l'observe.

Je peux avoir des pensées qui peuvent me raconter des histoires du type, ça serait mieux d'être détendu, est-ce que la présence amène à la plénitude, est-ce que c'est difficile, est-ce qu'il faut des années, qu'est-ce qui se passe, tout ce qu'on me raconte je le sais déjà, donc des pensées comme ça. Et de la même manière que j'observe les sensations que j'ai dans le pied droit par exemple, je peux observer mes pensées qui apparaissent et disparaissent dans la conscience.

Donc la on se rapproche de ce que certaines écoles appellent la méditation, notamment en Orient, dans des méditations de type bouddhique du style pratiquer la non-saisie, vipassana ou Zen, avec quelque chose de plus dans le zen ou non seulement on observe mais le but n'est pas d'observer mais de réaliser ce qu'ils appellent notre visage originel, notre vraie nature, ou l essence de ce que nous sommes, l'Etre, ou Dieu ou le Soi, ou le Tao ou la nature de bouddha.

Donc la présence n'est pas une méditation formelle ou on va prendre une posture physique, on va prendre la posture qui nous convient, nous n'avons pas de but en termes d'obtenir un État, donc pas de but de comprendre ce qui se passe, de savoir ce qui se passe, d'expliquer ce qui se passe, simplement d'observer.

Donc j'observe comme ça. Je continue de le faire. Je ne vais pas essayer dans cette présence de me connecter à quelque chose ou à quelqu'un, je ne vais pas essayer d'obtenir la paix intérieure, ou de le canaliser je ne sais quoi, ou de trouver quelque chose. Simplement je perçois, je suis perception.

Et à quoi ça sert ? Ça sert à devenir disciple de la vie, rien que ça, c'est-à-dire commencer à écouter d'une façon un peu plus consciente ce que me raconte la nature, ce que me raconte la vie. Et j'entends par nature et par vie tout ce qui existe, tout ce qui apparaît, tout ce qu'on peut percevoir. C'est une manière d'apprendre à se connaître, pour rejoindre le fameux connaît-toi toi-même, donc j'observe que ce que je suis, ce que je pense être, pour apprendre, qu'est-ce qui se passe la, qu'est-ce que c'est que ce truc, ou je vais, comment faire.

J'observe ces impulsions à l'intérieur de la pensée, le flux mental, qui systématiquement ou très fréquemment, voir tout le temps, est en train de faire quelque chose. La pensée, souvent, raconte des histoires, essaie de comprendre, essaie de capturer, essaie d'obtenir, essaie de prendre, essaie de comprendre, raconte des histoires sans cesse.

Comme si une partie de moi, cette pensée qui était toujours tendue vers un but, toujours je veux, il faut que, je dois, etc. il faudrait, elle devrait, nous devrions, ils devraient, ça ne devrait pas, il ne faudrait pas, donc toute une série de croyances, à la chaîne, qui nous enchaînent, en tout cas, qui peuvent nous enfermer dans une cage de croyance, ça peut être une maison bien décorées pas forcément une cage en métal, mais dans quelque chose ou en fait la réalité va se limiter à ce que je crois de la réalité, a ce que je pense de la réalité, ce que je pense de comment devrait être le monde,  à ce que je pense de comment fonctionne le monde, qu'est-ce qui est bien, qu'est ce qui est mal, je vis comme dans une ..., comme dans un monde virtuel qui est construit, délimité par ce que je pense de moi, des autres et du monde.

Moi j'appelle ça la vie mentale. C'est-à-dire que ma vie est conditionnée, voire condensée dans un espace limité, l'espace de mes croyances, l'espace de ce que je pense finalement. Le mental délimite, limite mon expérience de la réalité. Si je dis un être humain c'est ça, à ce moment là, d'une certaine manière, si je crois à cette définition, je vais enfermer l'être humain dans une théorie, dans une définition. Je vais le limiter. Je dis là vie c'est ça, de la même manière je vais constituer des théories sur les choses, qui vont enfermer les choses dans les petites boîtes, puis après je vais avoir un grand placard et je mets plein de petites boîtes où tout est catégorisé,  arrangé, etc,  tout ce que je peux percevoir et vivre devient mentalisé.

Comme ça je peux vivre dans un monde de croyances, la conséquence de cette vie mentale bien sûr, c'est en grande partie ce qu'on appelle la souffrance ou le mal-être où le malaise ou le manque, ou d'autres conséquences, psychosomatiques, sociales.
Et l'invitation que nous propose la présence, moi j'ai rien inventé, j'ai simplement suivi des enseignements millénaires, de la non dualité qu'on trouve surtout en Orient mais aussi en Occident dans les religions monothéistes ou polythéistes ou animistes ou panthéistes, enfin bref, la non dualité ou la présence nous proposent de faire l'expérience de la réalité, sans définition de ce qu'elle peut être de ce qu'elle est. C'est-à-dire de rentrer dans un contact direct avec ce que je perçois, un contact qui n'est pas filtré ou interprété par la pensée.

La somme de notre savoir et de nos croyances peut, la plupart du temps, créer une séparation entre ce que j'appelle moi et ce que j'appelle le monde. Le monde, on peut ressentir comme ça un sentiment de séparation on se sent coupé de la vie comme une entité est un animal une personne isolée dans une jungle hostile, dans une société hostile, ou je ne peux compter que sur moi-même pour survivre. C'est-à-dire qu'il n'y a pas d'amour en fait. C'est comme si la vie était une épreuve et qu'il fallait que je lutte constamment, pour parfois expérimenter du plaisir, du bonheur, de l'amour. À la force du poignet ou à la force du cerveau.

Ce que nous propose la non dualité, la sagesse de la non dualité, c'est qu'en fait quand nous arrêtons de définir la réalité avec notre pensée, quand nous arrêtons de croire les histoires que nous raconte notre mental tout simplement, et bien notre perception évolue, et nous pouvons percevoir les choses soi-même, les autres et le monde d'une façon différente. D'une manière qui, au lieu de nous demander quelque chose pour devenir quelqu'un, cette manière de percevoir va nous remplir. Elle va nous donner l'expérience de plénitude. De complétude d'amour et d'unité. La sensation que le monde, les autres et moi, sont une seule et même chose, une seule et même vie, un seul et même organisme.

Donc à ce moment la, je fais l'expérience que je ne suis pas coupé des autres, des êtres, de l'univers mais je fais l'expérience que je suis l'univers, je suis les autres, je suis moi aussi, je suis toutes ces choses là.
Pas parce que j'y crois, parce qu'on m'a dit que, qu'un livre m'a dit que, qu'une vidéo m'a dit que, que c'est à la mode de penser ça, mais parce que j'en ai fait moi-même l'expérience dans mon corps, je me suis senti Un avec cette personne, avec cet arbre, avec ce chat, avec cette table avec l'air que je respire, avec l'herbe sur laquelle je m'allonge, avec l eau dans laquelle je nage, avec la nourriture que je mange. L'expérience pragmatique de première main.

Donc avec la présence, j'apprends à sortir de la vie mentale, petit à petit, pour entrer dans la vie perceptuelle, la vie unifiée ou en fait tout ce que je perçois fait partie d'un même champ unifié de perception. Un ensemble de choses.

Source : http://fr.sages.wikia.com/

S. Fargues - Avignon 2008

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