Fandom

Sages

Sumedho - Souffrance et inconditionné

267pages sur
ce wiki
Ajouter une page
Discussion0 Partager
Comprendre la nature de la souffrance
Livre Sumedho.jpg

L'approche bouddhique consiste à réfléchir à l'expérience de la souffrance car c'est ce que tous les êtres humains partagent. Souffrance ne signifie pas nécessairement grande tragédie ou terrible infortune. Il peut simple­ment s'agir d'un mécontentement, d'une difficulté ou d'une déception, tels que tous les êtres humains en connaissent à différents moments de leur vie. La souffrance est commune aux hommes et aux femmes, aux riches et aux pauvres. Quelle que soit notre race ou notre nationalité, elle est un lien qui nous unit tous.

Ainsi, dans le bouddhisme, on dit de la souffrance qu'elle est une « noble vérité ». Cependant, quand le Bouddha a enseigné que la souf­france était une noble vérité, ce n'était pas pour que nous y soyons liés et que nous y croyions aveuglément comme s'il s'agissait d'une vérité ultime. Au contraire, il a élevé la souffrance au rang de « noble vérité pour que nous y trouvions matière à réflexion, à observation : qu'est-ce que la souffrance, quelle est sa nature, pourquoi est-ce que je souffre, que signifie la souffrance ?

Comprendre la nature de la souffrance est une percée de clarté impor­tante. Observez ceci dans votre propre expérience de la vie : combien de temps passez-vous à essayer d'éviter les choses désagréables ou d'échapper à ce que vous ne voulez pas ? Dans notre société, quelle quantité d'éner­gie consacre-t-on au bonheur et au plaisir tout en essayant d'échapper aux choses désagréables et non désirées ? Nous pouvons avoir le bonheur ins­tantané, l'absorption instantanée, tout ce qui nous éloigne de la souffrance : excitation, idylle, aventure, plaisir des sens, nourriture, musique et autres. Mais tout ceci n'est qu'une tentative pour échapper à nos peurs, nos insa­tisfactions, notre angoisse, nos inquiétudes — toutes choses qui hantent l'esprit humain non éveil. L'humanité sera hantée et effrayée par la vie tant qu'elle restera ignorante et qu'elle ne fera pas l'effort de regarder et de comprendre la nature de sa souffrance.

Comprendre la souffrance signifie que nous devons l'accepter au lieu d'essayer de nous en débarrasser, de la nier ou d'en faire porter la respon­sabilité aux autres. Nous pouvons remarquer alors que la souffrance a une cause, qu'elle dépend de certaines conditions et d'une disposition d'esprit qui nous sont propres ou qui nous ont été transmises par notre culture et notre famille. Notre expérience de la vie et ce processus de conditionnement commencent le jour de notre naissance. La famille, le groupe avec lequel nous vivons, notre éducation, tout contribue à imbiber notre esprit de toutes sortes de préjugés, tendances et opinions — certains bons, d'au­tres moins.

Si nous n'observons pas attentivement ces conditions de l'esprit, si nous ne les étudions pas jusqu'à les voir telles qu'elles sont véritablement, elles vont, bien sûr, nous faire interpréter notre vécu de manière tendan­cieuse. Mais si nous examinons la nature même de la souffrance, nous voyons d'abord des choses comme la peur et le désir puis nous découvrons que notre véritable nature n'est pas la peur et n'est pas le désir. Notre véri­table nature n'est absolument pas conditionnée du tout.

Le conditionné, l'inconditionné et la conscience

Les religions soulignent toujours le lien entre le mortel ou conditionné et l'inconditionné. Plus précisément, en allant à l'essence même de toute religion, on découvre qu'elle est un doigt qui pointe vers l'endroit où le mortel — le conditionné, lié au temps — cesse. Cette cessation implique la réalisation et la compréhension de l'inconditionné. Dans la terminologie bouddhique, il est dit que « l'inconditionné existe et s'il n'y avait pas d'inconditionné il ne pourrait pas y avoir de condi­tionné ». Le conditionné apparaît et cesse au sein de l'inconditionné, c'est pourquoi nous pouvons montrer le lien entre les deux. Étant nés dans un corps humain, nous devons vivre toute une vie dans les limi­tes et les conditions imposées par le monde sensoriel. La naissance implique que nous sortions de l'inconditionné pour nous manifester sous une forme séparée et conditionnée. Or cette forme humaine implique la conscience.

La conscience définit toujours une relation entre sujet et objet et, dans le bouddhisme, elle est considérée comme une fonction discriminative de l'esprit. Observez cela maintenant même : vous êtes assis, attentif à ces mots — vous êtes conscient. Vous sentez la chaleur de la pièce, vous voyez les choses qui vous entourent, vous entendez des bruits. Tout ceci impli­que que vous êtes né dans un corps humain et, jusqu'à la fin de votre vie, tant que ce corps vivra, il éprouvera des sensations et il en aura conscience. Cette conscience crée toujours l'impression d'un sujet et d'un objet, de sorte que, quand on n'y regarde pas de près, quand on n'examine pas la véritable nature des choses, on est prisonnier d'une vision dualiste selon laquelle « je suis mon corps, je suis mes sensations et mes sentiments, je suis ma conscience ». Ainsi, l'attitude dualiste naît de la conscience. Ensuite, du fait de la capacité de l'esprit à concevoir, à se souvenir et à percevoir, une person­nalité se crée. Parfois on apprécie cette personnalité ; à d'autres moments elle crée des peurs irrationnelles, une vision erronée des choses, et de l'anxiété.

Source : http://fr.sages.wikia.com/

Ajahn Sumedho - L'esprit et la Voie

Interférence d'un bloqueur de publicité détectée !


Wikia est un site gratuit qui compte sur les revenus de la publicité. L'expérience des lecteurs utilisant des bloqueurs de publicité est différente

Wikia n'est pas accessible si vous avez fait d'autres modifications. Supprimez les règles personnalisées de votre bloqueur de publicité, et la page se chargera comme prévu.

Sur le réseau Fandom

Wiki au hasard