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Swami Chandra - Contemplation Spirituelle

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IV. LA CONTEMPLATION SPIRITUELLE ET LA MÉDITATION


Après avoir examiné brièvement l'importance des conditions morales et mentales nécessaires à un
complet épanouissement spirituel, nous abordons à présent le sujet principal, sujet d'une portée
considérable, celui de la contemplation spirituelle qui, par-delà le mental, nous mènera à la vision
directe, supramentale, du Divin. S'acheminer vers une contemplation parfaite nous conduira à une
complète détente, sans effort et sans tension, dans l'Esprit divin, à une fusion aisée dans le
Voyant (Seer) qui brille de tout son éclat dans un profond silence d'où l'activité mentale sous
forme de cogitations, volitions, cognitions et sensations est totalement inexistante.

Une pure expérience spirituelle est irréalisable sans la concentration, c'est-à-dire sans la réduction
du Triangle polaire de l'expérience, celui du connaisseur, de la connaissance et du connu, en un
seul point, lequel finalement se dissout dans la mer sans limites de la conscience. Cet état est
l'expérience spirituelle la plus haute possible et seule permet d'y accéder une contemplation
appropriée. Ce qui arrive ensuite, une ouverture plus vaste en hauteur et en largeur de la Cons-
cience, est opérée par le Seigneur (si telle est sa volonté) dans le Sâdhaka, qui ne se satisfait pas
pleinement de cette contemplation non polaire, la tenant pour l'acquisition ultime, certes, de
l'ordre le plus élevé, mais restant ouvert et soumis au Seigneur suprême dans un total
renoncement de lui-même.


La théorie n'est pas la pratique, et les mots ne sont pas ce qu'ils désignent. Le mot « Dieu », après
tout, ne nous renseigne pas sur ce que Dieu est. Il est impossible de décrire l'état de conscience
qui permet au voyant de s'établir en lui-même, état que l'on vient d'évoquer, même si, dans cette
intention, on a recours aux termes les plus précis et les plus suggestifs. Par conséquent, pour ce
qui est de la grandeur et de la félicité spirituelles d'un pareil état, il incombe aux lecteurs et aux
lectrices de l'expérimenter dans leur âme grâce à une pratique appropriée et guidée.
Que faut-il entendre par concentration spirituelle, et quelle est la méthode ou technique à mettre
en pratique ? Par concentration spirituelle, on entend le rassemblement de toutes les forces et
capacités dispersées de l'être pour les centrer sur le Divin à seule fin de Le réaliser.

Toutes les méthodes de concentration spirituelle se laissent répartir en deux groupes : la positive
et la négative. Chacune de ces deux méthodes implique deux mouvements internes — le passif et
l'actif — qu'il faut suivre simultanément. Dans les termes de la méthode positive ces deux
mouvements consistent en résumé en une « fixation » et en une « observation », tandis que la
méthode négative se présente comme un «( arrêt » ou « rejet » et une « observation », Autrement
dit, en expérimentant les deux méthodes, la conscience doit en quelque sorte se dédoubler, la
partie active accomplissant un acte, tandis que la partie passive n'agit pas, se bornant à observer
avec vigilance le travail exécuté par la partie active. Essayons de rendre ces deux méthodes bien
claires.

1 LA MÉTHODE NÉGATIVE
La méthode négative de concentration spirituelle est très facile à comprendre. Toutes les sortes
d'émotions, d'humeurs et de cogitations qui viennent de l'intérieur ou les impacts qui proviennent
de l'extérieur, comme pensées et suggestions, sont à repousser ou à supprimer dès qu'ils naissent
en nous ou nous atteignent. Et simultanément, on doit observer que cet « arrêt » ou « rejet » se
déroule sans interruption et que la partie active n'a pas été amenée à penser, vouloir ou éprouver
autre chose que ce simple arrêt ou rejet.
Lentement, petit à petit, à mesure que cette méthode progresse, les « attaques » de l'intérieur ou
de l'extérieur commencent à s'adoucir, pour finalement se réduire à rien. En dernier lieu, la notion
même d'écarter ou de repousser est elle aussi à rejeter. On atteint ainsi sans effort un degré de
concentration où toutes les activités du mental sont abolies, toutes ses modifications sont arrêtées,
et seul subsiste un état d'éveil dans sa pureté primitive. On dit alors que le Voyant (Seer) est
établi en lui-même, plus aucun objet intérieur ou extérieur, pas même le vide du mental, ne
subsistant devant lui. C'est un état de paix et uniquement de paix, exempt du moindre sentiment
de plaisir ou de déplaisir, car la tranquillité y règne suprêmement. Dans cet état, on a l'expérience
du soi, de l’Atman, dans sa pure nature — comme étant éternel, existant pleinement par soi, dans
un état d'éveil qui ne dépend pas du mental, libre de toutes les paires d'opposés parce qu'elles sont
désormais absentes, non agissant parce que toute activité a cessé, le Purusha n'étant plus identifié
à elle. C'est l'Atman sans relations, impassible et immuable. Cette prise de conscience, soit dit en
passant, n'est ni la seule ni même la plus haute dans le royaume des expériences spirituelles.


2 LA MÉTHODE POSITIVE
Quant à la méthode positive de concentration, qui consiste à « fixer », on demandera : « Sur quel
objet doit-on fixer le mental? Comment pouvoir fixer notre mental sur le Divin que nous n'avons
pas encore vu ou que nous ne connaissons pas ? »
Oui, selon cette méthode, il est nécessaire de recourir à des symboles ou images divins, afin de
fournir un support au mental. Pour la concentration, l'emploi de quelque image s'impose à tous
d'une façon ou d'une autre, sans quoi la pratique de la fixation s'avère impossible. On peut
répartir ces symboles ou images en trois catégories : la forme, le nom et l'idée (sentiments y
compris).
Cette méthode positive de « fixation » est comparativement plus facile que la méthode de « rejet»
ou « arrêt ».
On saisira la justesse de cette assertion d'après l'analogie avec l'araignée. Celle-ci descend au
moyen d'un fil qu'elle a projeté hors d'elle-même et elle revient à son point de départ à l'aide de ce
même fil qu'elle résorbe en elle. De même, l'être individuel qui, à partir de son état essentiel de
paix et d'équilibre, s'extériorise par l'idée, le nom et la forme, revient plus facilement à cet état
essentiel en s'aidant de ces mêmes choses. De plus, le mental de l'homme est, dans ses
occupations journalières, constamment aux prises avec le monde de la forme, du nom et des idées
et il n'est guère possible ni même pratique d'en détacher brutalement le mental. La voie qui
s'impose consistera donc à fixer celui-ci sur une seule forme, un seul nom ou une seule idée,
lesquels dans la plongée définitive de la contemplation s'évanouiront d'eux-mêmes, révélant ce
dont ils sont le symbole.

[La forme divine comme support]
[Le nom divin comme support]
[Une idée comme support]

3 UNE TROISIEME METHODE
En dehors des méthodes indiquées ci-dessus — positive et négative — il en existe une troisième
dans laquelle on ne pratique ni la fixation ni le rejet. Elle consiste à se détourner de toutes les
pensées que l'on accueille comme éléments de la Nature et non du Soi, se bornant ainsi à les
observer comme un simple témoin.
De cette façon, les pensées s'élèvent et s'affaissent sans capter l'attention du Purusha qui s'abstient
de toute identification avec elles, les observant comme d'en haut — à la façon de quelqu'un qui,
sur le sommet d'une montagne, regarde avec désintéressement et impartialité (en restant inaffecté
par elles) les choses d'en bas.
Dans cette méthode d' « observation », le mental continue un certain temps de penser
machinalement mais, ayant perdu son centre conscient de support, il finit par devenir silencieux
et passif, bien qu'il soit en même temps tout à fait vigilant. C'est dans cet état de profond silence
que la véritable nature du Purusha se révèle ou, disons, que le Seigneur se manifeste.
Ces trois méthodes sont les plus efficaces pour calmer le mental et obtenir une vision spirituelle
supramentale. Naturellement, elles sont ardues, surtout pour qui est extraverti, et elles exigent
pour aboutir un effort sincère et profond.
Elles ne sont pas à mettre en pratique avec froideur ou indifférence, comme lorsqu'on remplit
quelque obligation, mais avec un ardent sentiment de respect et d'amour : satkâra-sevanam
comme on dit dans les Yoga-sûtras.


L art de la Realisation - Swami Chandra

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