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Cher Bouddha, lors de mes confidences, je pense à toi sous la forme du corps de Shakyamuni il y a deux mille six cents ans. Je sais que tu es toujours là sous la forme de milliers d’autres corps. Je sais que tu es présent en moi, que je suis ta continuation. Je suis l’un de tes innombrables corps. Comme tu m’as ouvert les yeux, je comprends aussi que tu n’es pas limité par le temps et l’espace. Ta durée de vie est infinie. La naissance, la mort, le flot changeant des apparences ne peuvent t’affecter car tu as réalisé la non-naissance et la non-mort.

Je suis conscient qu’en touchant ma propre nature de non-naissance et de non-mort, je verrai également que ma durée de vie est illimitée. Je chevaucherai moi aussi les vagues de la naissance et de la mort comme toi et les grands bodhisattvas.

Cher Maître, tu nous as appris qu’en entrant en contact profond avec quoi que ce soit dans la dimension historique, une feuille, un rayon de lumière, une montagne, un oiseau ou notre propre corps, nous découvrons la dimension ultime et pouvons mieux comprendre ce qui se passe dans la dimension historique. Les deux n’existent pas séparément. Dans la dimension ultime, il n’y a ni naissance ni mort, ni souffrance ni bonheur, ni partir ni venir, ni bien ni mal. Nous devons apprendre à regarder le monde des phénomènes à partir de la perspective de cette dimension. S’il n’y avait pas la mort, il n’y aurait pas la naissance ; s’il n’y avait pas la souffrance, il n’y aurait pas le bonheur ; sans le mal, le bien serait impossible ; sans la boue, le lotus ne pousserait pas. La boue et le lotus ne sont pas ennemis. Ils dépendent l’un de l’autre pour se manifester et il en est de même pour le bonheur et la souffrance, pour le bien et le mal.

La dimension ultime de la réalité est l’ainsité, la réalité telle qu’elle est, notre vraie nature de la non-naissance, de la non-mort. Elle transcende toutes les notions d’être/non-être, de matière/conscience, d’objet/sujet, d’humain/non-humain. Lorsque nous savons comment la toucher, nous expérimentons la paix, le bonheur, la bénédiction de non-peur et de non-anxiété, comme les oiseaux qui se réjouissent dans le ciel bleu ou le cerf dans la forêt. Je suis conscient de ne pas avoir à rechercher l’ultime très loin car étant ma nature véritable, il est en moi, à cet instant même.

En pratiquant la pleine conscience, en contemplant la coproduction conditionnée, en réalisant la vacuité et l’inter-être, je peux entrer immédiatement en contact avec l’ultime, à tout moment, et me libérer de toute souffrance et de tout ressentiment. Je te promets, cher Maître, de pratiquer assidûment et de tout mon cœur, de ne pas me laisser accaparer par les soucis et les projets, de ne pas laisser filer le temps et les occasions de pratiquer pour toucher la dimension ultime dans ma vie quotidienne. S’il te plaît, sois mon témoin et mon soutien. Je touche la Terre avec gratitude, pour te remercier de m’avoir écouté et soutenu dans ma pratique.

Avec gratitude et de tout mon coeur, je touche la Terre trois fois afin d’entrer en contact avec toi, cher Bouddha, avec ta durée de vie illimitée et également avec ma propre durée de vie illimitée.

@ eveiletmoi.fr – Thich Nhat Hanh – Conversations intimes avec le Bouddha

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