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LE MENTAL EST UN MYTHE

LE MENTAL EST UN MYTHE Pp 104 à 110

…/… ce que vous désirez réellement. Quand vous aurez pleinement précisé ce point, vous devrez découvrir les moyens d'y satisfaire et vous y parviendrez ou non... Ne vous inquiétez pas de distinguer l'inférieur du « noble ». Vous avez fait cela toute votre vie — sans succès...


v.: Je ne suis pas le seul. Tous ceux que je connais semblent pris au piège de la recherche et du combat sans fin. Ne pouvons-nous donc pas nous asseoir et communiquer ensemble à propos de cela?


U.G. : Je l'ai dit, je n'ai pas d'illusions sur la communication. Vous ne pouvez pas partager et transmettre vos expériences parce que, suivant la manière dont vous fonctionnez actuellement, chaque individu vit dans un monde isolé et différent sans aucun point de référence commun et imagine que la communication est possible. Il n'en est pas ainsi. Je ne peux pas communiquer et vous ne pouvez pas comprendre parce que vous n'avez pas de point de référence par rapport à ce que je dis. Une fois que vous aurez compris qu'il n'y a rien à comprendre qu'y a-t-il à communiquer? La communication n'est plus nécessaire et en discuter n'a plus de sens. Votre désir de communiquer fait partie de votre stratégie générale de la réalisation. Caché derrière ce désir de communication, il y a l'appel inavoué à quelque pouvoir extérieur en mesure de résoudre à votre place votre problème personnel. A l'exception de la nécessité parfaitement naturelle pour la communication pratique indispensable au fonctionnement de ce monde, l'intérêt que vous portez à la communication est en fait l'expression de votre sentiment d'impuissance et du besoin d'un appui moral extérieur. Votre impuissance se prolonge du fait de votre dépendance à l'égard de quelque agent extérieur. Quand cette dépendance à l'égard d'un pouvoir extérieur, fictif ou non, n'est plus présent, le sentiment d'impuissance et le désir de communiquer dans l'abstrait n'est plus là non plus. L'un et l'autre disparaissent. Votre situation et vos projets paraissent sans espoir parce que vous avez vos idées sur l'espoir : balancez-moi cet espoir et ces sentiments d'infirme disparaîtront avec lui. L'impuissance et l'accablante frustration sont inévitables tant que votre existence est liée à l'espoir de la réalisation parce qu'il n'y a pas de réalisation. C'est là la source de votre dilemme.


v.: Tout cela est vraiment trop dur à comprendre et à pratiquer dans l'immédiat. Peut-être à l'avenir quand je serai plus capable...


U.G. : Le futur est créé par l'espoir et c'est le seul futur qui existe. L'espoir de réaliser votre objectif, l'espoir d'atteindre l'illumination, l'espoir de sortir du manège — voilà l'avenir... Le point à partir duquel vous vous projetez dans l'avenir vous semble être le présent, le maintenant. Mais c'est faux. Il n'y a là que le passé en opération et ce mouvement crée l'illusion du présent et du futur. Vous pouvez trouver ce que je viens de dire logique ou illogique, vous pouvez l'accepter ou le rejeter mais dans tous les cas cela appartiendra au passé car c'est là tout ce qui opère en vous. C'est le passé qui a fixé ces objectifs. Dieu, l'illumination, la Paix et l'âme et a placé tout cela dans l'avenir, hors d'atteinte. Le bonheur est donc pour l'avenir, pour demain. Un homme heureux ne se soucie pas de chercher le bonheur. Un homme bien nourri n'est pas en quête de nourriture.


v. : Il est certain qu'une vraie compréhension dont nous sommes tous plus ou moins capables ne prend pas place dans le futur mais maintenant dans le présent.


U.G. : Il n'y a que le passé. Il vous a été dit par les dévots qui parlent d'illuminations et d'autres fadaises que le passé doit prendre fin avant que vous puissiez être libre d'opérer dans le présent et réaliser vos potentielles ou futures possibilités. Tout ce que je peux vous garantir, c'est qu'aussi longtemps que vous chercherez le bonheur vous resterez malheureux. C'est un fait. La société est si organisée, si complexe que vous ne pouvez survivre qu'en acceptant le mode de vie qui y règne ainsi que les bornes qu'elle impose. Nous devons accepter la réalité sociale qu'elle nous plaise ou non. Mais ce n'est pas de cela que nous parlons. Ce dont nous parlons est autre. Toutes vos relations, votre connaissance, vos expériences, toutes vos émotions, vos sentiments, tout ce fatras romantique appartient en totalité à la société, pas à vous. Vous n'êtes pas une individualité, vous êtes des gens de seconde main. C'est seulement quand vous êtes libéré de ce que chaque homme, chaque femme a pensé, a senti avant vous que vous deviendrez un individu. Cet individu ne va pas se mettre à détruire tout ce qui appartient à la société, il n'est pas en conflit avec elle. Il ne jettera pas à bas les temples et les institutions, il ne brûlera pas les livres que les hommes ont confectionnés avec un soin attentif. Il ne se propose pas d'être un rebelle. Toute la connaissance accumulée, l'expérience, la souffrance humaine est en vous. C'est en vous que vous ferez un énorme feu de joie. Et c'est alors que vous deviendrez un individu. Il n'y a pas d'autre voie. La société est fondée sur le conflit et vous êtes la société. Vous devez donc être en conflit avec elle. L'individu authentique, celui qui est désormais libéré de la tradition accumulée et de la connaissance de l'espèce humaine est nécessairement une menace pour la société. La société dont vous faites partie ne peut être que ce qu'elle est, cessez donc vos efforts pour la sauver ou la changer. Vous ne pouvez même pas changer de belle-mère!


v.: Nous ne sommes pas tous aussi obsédés par notre bonheur personnel et par notre salut. Plusieurs d'entre nous sont conscients sur le plan social et politique et souhaitent seulement créer un nouveau monde, une société organisée autrement, de manière à remédier à la pauvreté, à l'injustice et autres maux sociaux. Vous parlez comme si nous étions tous aux prises avec l'idée fixe de nos problèmes et de nos objectifs personnels alors qu'en fait beaucoup d'entre nous se veulent au service du monde, ne poursuivent pas des fins égoïstes mais simplement une meilleure, une plus humaine société.


U.G. : Vous ne pouvez pas à la fois vouloir vous transformer et découvrir que vous ne le pouvez pas. Le « changement » dont vous parlez n'est qu'une élucubration fantaisiste. Vous ne changez pas, vous vous bornez à penser au changement. Aussi longtemps que vous avez l'intention de vous changer, vous aurez celle de changer le monde entier. Vous voulez un monde différent où vous seriez heureux, c'est votre seul souci. Vous pouvez bien parler de l'espèce humaine, de vos préoccupations pour elle, de la compassion pour elle... Tout ça c'est de la crotte de bique... Cela je le récuse. Tout d'abord pourquoi empêcheriez-vous le passé d'interférer dans le présent? Prenons clairement conscience que cette idée que le passé doit mourir, que le temps doit venir à son terme vous a été soufflée par ceux qui se sont institués gardiens de votre « âme » : les prêtres, saints hommes et sauveurs de l'espèce humaine. Vous devez saisir très clairement les implications issues de cette suggestion relative à la fin de l'influence du passé. Elle est en fait dangereuse et calamiteuse. Pour découvrir la fin du temps, le passé, vous devez utiliser le passé, vous n'arrivez qu'à perpétuer le passé. C'est un fait — qu'il vous plaise ou non. Tout ce que vous faites : nourrir de bonnes pensées, se conduire d'une manière désintéressée, considérer la vie d'une manière négative, plutôt que positive, écouter les saints, m'écouter moi. Tout cela alimente la force vive du passé. Toutes les techniques et méthodes de réalisation viennent du passé et sont, pour cette raison, inutiles. Heureusement il n'y a absolument rien à accomplir.


v.: Oui mais je pense que beaucoup d'entre nous se rendent compte que le vrai bonheur est un sous-produit de quelque chose d'autre et ne peut-être en lui-même une fin.


U.G. : Votre recherche du bonheur est en réalité fondée sur l'intérêt personnel et la naïveté. Vous êtes en toutes circonstances un chercheur de plaisir et votre idéal de noble bonheur est tout simplement un plaisir sans fin et sans peine... Quand vous percevez, si toutefois cela vous arrive, l'absurdité de cette approche, vous vous dites alors « si je pouvais trouver Dieu et l'illumination, je serais libre du désir contradictoire d'avoir l'un (le plaisir) sans l'autre (la peine) ». Et cela devient votre objectif qui prendra pas mal de temps à se réaliser. Vous êtes revenu à votre point de départ. Exiger que cesse la continuité du mouvement du passé est ridicule et ne se justifie pas. Nous avons subi, de la part de ces gens-là, un lavage de cerveau destiné à nous libérer du passé dès cette vie et tout devait être mirobolant, plein de lumière et de douceur. Ce n'est là que lavasse romantique, purs fantasmes de mouflet. — Rien de plus. Vous vous êtes malheureusement entiché de ces balivernes. Et que pouvez- vous faire? Toutes vos actions appartiennent au passé et tout ce que vous faites ne peut que resserrer l'emprise du plaisir et de la peine sur vous. En fin de compte, tout est souffrance — sans plaisir. Je peux dire cela en toute certitude mais vous êtes si outrecuidant grâce à votre foi dans l'intemporel et dans le salut! Il est donc impossible pour nous de communiquer, ce que je dis, si vous l'écoutiez vraiment, mettrait définitivement fin à l'homme que vous êtes, tel que vous vous connaissez par expérience mais vous ne m'écoutez pas du tout. Votre soi-disant écoute se situe entièrement dans le passé. La constante interprétation à la lumière du passé, de mes dires vous empêche d'être attentif à ce qui est vraiment dit. Comment vous êtes décidé à provoquer un changement (notion qui vous a été inculquée par votre culture) vous vous sentez mécontent et vous souhaitez un monde différent. Quand votre exigence intérieure d'être différent de ce que vous êtes aura cessé, l'exigence névrotique de transformer la société disparaîtra. Alors vous ne pourrez plus être en conflit avec la société. Vous serez en harmonie complète avec cette société y compris ses brutalités et ses misères. Toutes vos tentatives pour transformer cette société brutale ne font que renforcer ses désordres. Cela ne veut pas dire que l'homme libre est indifférent, tout au contraire. En tout cas, c'est vous qui pour l'heure êtes indifférent. Vous vous bornez aux paroles et aux pleurnicheries mais — excusez-moi! — vous ne faites rien!


v.: Mais il est urgent de rétablir la paix dans le monde...


U.G. : A moins d'être en paix avec vous-même, il n'y aura pas de paix dans le monde. Mais quand serez-vous en paix avec vous-même? Dans l'autre vie? Pas question! Vous verrez! Même alors vous ne pouvez pas être sûr que votre société sera pacifique. Les gens ne seront pas en paix. C'est quand vous serez en paix avec vous-même que cette histoire prendra fin.


y. : Il semble que nous n'avons que l'idée d'une société paisible alors que les relations mutuelles sont violentes. Comment donc franchir le pont qui sépare l'idéal du réel?


U.G. : Vous essayez d'établir des relations avec ceux qui vous entourent, avec la société, avec le monde. Quelle qu'en soit la raison, les relations actuelles sont affreuses, horribles. Avez-vous remarqué que tant que ces relations satisfont à la question « que puis-je tirer de cette relation? » tant qu'elles servent nos intérêts, il n'y a pas de conflit? Autrement dit les rapports restent harmonieux tant qu'ils répondent à nos idées du bien-être? Dans l'authentique nature des choses, c'est impossible. Il n'y a pas de permanence. Tout est en constant changement. Le courant va son train. C'est parce que vous ne pouvez pas affronter l'impermanence de tous les rapports humains que vous inventez des sentiments, du roman, de dramatiques émotions afin d'introduire la continuité. Vous êtes de ce fait toujours en conflit.


y. : Peut-être conviendrait-il d'abandonner la recherche de relations harmonieuses, parfaites et se concentrer sur la compréhension de soi?


U.G. : La compréhension de soi est la plus réjouissante farce perpétrée à l'égard des jobards et des crédules. En profitent non seulement les vendeurs de la sagesse ancienne — les dévots — mais aussi les savants modernes. Les psychologues adorent parler de la connaissance de soi, de l'actualisation du soi, de la vie d'instant en instant et tout ce baratin. Ces idées absurdes nous sont jetées à profusion comme si elles étaient nouvelles.


y. : Ce doit être fastidieux pour vous de répondre aux mêmes questions où que vous alliez?


u.G.: Je suis allé partout dans le monde pour des rencontres et des entretiens. Les gens sont partout les mêmes. Les questions ne varient pas. Mais cela ne m'ennuie pas. Comment pourrais-je m'ennuyer? Si j'étais une sorte de bouffon, gigotant de-ci de-là dans l'attente de meilleures et de différentes questions, je pourrais connaître l'ennui. Mais je n'attends rien... Et vous-même connaissez-vous l'ennui? Vous n'avez pas la possibilité de le découvrir par vous-même.


v.: Je m'ennuie parce que je suis un homme quelconque comme tout un chacun. C'est ma propre médiocrité qui rend ma vie si vide, si fastidieuse...


u.G.: C'est très difficile d'être comme tout le monde, d'être ordinaire. La médiocrité exige une grande dépense d'énergie. En revanche il est facile d'être soi-même... Aucun effort n'est nécessaire. Vous n'avez pas à faire preuve de volonté. Vous n'avez rien à faire pour être vous-même. Mais devenir quel- qu'un d'autre demande de votre part beaucoup d'activités. L'ennui et l'inquiétude qui est en vous viennent de ce que vous pensez que vous devriez faire quelque chose de plus intéressant, de plus sensé, de plus valable que ce que vous faites. Vous pensez que votre routine habituelle est terriblement fastidieuse, qu'il doit y avoir des occupations plus valables, plus énergiques, plus excitantes. Et tout cela s'intègre dans le savoir complexe que vous avez de vous-même. Mais plus vous en savez sur vous, plus il vous devient impossible de devenir humble et sensible. Comment l'humilité pourrait- elle coexister avec tant de savoir?


v. : Il y a en moi une tendance à trouver difficile d'être simple en présence de cette situation. Peut-être la crainte de...


U.G. : Toutes les peurs finissent par aboutir à la peur de la mort — la mort physique. Vous tentez de rejeter cette peur dans l'arrière-plan de manière à affermir votre continuité. Tant que cette peur vous obsédera, toute discussion sur le sens de la vie est sans objet. Pourquoi poser des questions et trahir la vie? Vous êtes vivant grâce à l'activité sexuelle de vos parents. Ne cherchez pas un sens à la vie, il se peut qu'elle n'en ait pas. Il se peut qu'elle en ait une dont vous ne saurez jamais rien. Il est évident que la vie n'a pas de sens pour vous sinon vous ne seriez pas ici à poser ces questions. Tout ce que vous faites vous paraît dépourvu de sens, c'est un fait. Ne vous inquiétez pas des autres. Le monde entier est une extension de vous-même. Le mode de penser, de sentir, d'expérimenter est exactement le même pour tous. Le but peut être différent mais le mécanisme et l'instrument que vous utilisez pour réaliser votre objectif particulier ne sont pas différents de celui d'autrui. Pourquoi la vie aurait- elle un sens? Au moment même où le bébé arrive au monde il n'est concerné que par la seule survivance. L'instinct du bébé à l'égard de sa nourriture, de sa survie, de sa reproduction semble être le processus vital. C’est la vie qui s’exprime. Un point c’est tout. Inutile d’y voir un sens.

Source : http://fr.sages.wikia.com/

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