FANDOM


Vijayânanda était un médecin français, parti pour l'Inde en 1950 sur le chemin de la vie spirituelle. Il y rencontra une sage bengalie, Mâ Ananda Moyî (1896-1982)1 dont il devint un disciple. Ces dernières années, il séjournait à l'âshram de Ma, à Kankhal près d'Hardwar, « à l'endroit où le Gange rentre dans la plaine », accueillant les visiteurs et pèlerins occidentaux. Il a quitté son corps le 5 avril 2010, à 97 ans.

Le texte ci-dessous correspond à des extraits que nous avons regroupés. Ils sont issus d'un ouvrage préparé par un de ses disciples, Jacques VIGNE, et intitulé : « Vijayânanda, Un chemin de joie ». Ce sont des réponses apportées par le sage à des visiteurs le questionnant sur la colère. Nous remercions Jacques VIGNE de nous avoir autorisés à les publier.

Q: Mâ disait une fois qu'il fallait éviter 'complètement la colère. Quelqu'un a fait alors 'remarquer que les Rishis (les sages hindous) 'se mettaient souvent en colère. Mâ a répliqué 'qu'être Rishi n'était qu'un stade sur le chemin 'de la Réalisation. Que pensez-vous de cela ?


V : Le pouvoir qu'on obtient par la pratique de la vérité peut être utilisé de manière négative, destructrice. Colère et désir sexuel représentent les deux grandes déviations de la kundalini quand elle commence à s'éveiller. L'énergie se dissipe par ces deux voies, et l'on manque ce qu'il y a de véritablement intéressant, la porte qui peut nous faire passer dans la chambre suivante. On devra attendre un temps plus ou moins long que les conditions soient de nouveau favorables.

Q: Est-ce qu'on peut considérer la colère 'comme une drogue ? Comment la dépasser ?


V: Le mécanisme psychologique de la colère est le suivant : le point de départ est toujours une sensation pénible venant de notre corps qui nous met mal à l'aise. La tendance instinctive est de nous en libérer au plus vite et de revenir à un état d'euphorie. Ces sensations ne sont pas en général dans la conscience claire, et le mental cherche une cause dans le monde extérieur à laquelle il pourrait attribuer ce malaise, et en détruisant cette cause, il espère retrouver son équilibre. Survient tout à coup un individu qui vous insulte ou se conduit d'une manière grossière : ça y est ! C'est lui, :a cause de mon malaise !


Le mental fait alors appel à cette énergie de base toujours présente dans le mulâdhâra et la transforme en une force destructrice qu'on appelle colère. Il la dirige vers l'ennemi. Le malaise étant projeté vers l'extérieur disparaît du champ de conscience clair. [énergie libérée momentanément lui donne une impression agréable de puissance, mais quand la crise de colère est passée, elle est remplacée par une dépression et l'état de malaise redevient conscient.


Une autre crise de colère et le même processus a lieu. Il se crée donc une association d'idée entre les malaises et la colère qui les soulage pour un moment. Il y a alors chez certaines personnes une addiction aux crises de colère où ils trouvent une euphorie relative et une impression de puissance. Naturellement, il y a tout le mauvais karma qu'on a créé dans ces colères et qu'il faudra payer par d'autres souffrances. Comment se guérir de la colère ? Tout d'abord, bien prendre conscience du mécanisme de projection d'une sensation pénible vers un objet extérieur. Et aussi comprendre tout le mal qu'on fait aux autres et à soi-même quand on se met en colère. La colère, comme disent les Ecritures, est une des portes de l'enfer.

Q: Si l'on veut quand même se défaire de 'certaines pensées répétitives qui perturbent 'la méditation, comme des pensées 'd'attachement ou de colère par exemple, 'comment s'y prendre en pratique ?


V: Observez ; et puis revenez au corps. Il n'y a pas de perturbation mentale qui n'ait à son origine un malaise du corps ; ce malaise entraîne un trouble du prâna, de l'énergie qui à son tour est projetée sur forme d'images mentales de peurs ou de désirs. Si vous revenez au corps et que vous le calmez, vous ôtez le maillon principal de cette chaîne mentale. Pour amener le mental loin du corps, les techniques de concentration comme l'observation de la respiration, le mantra onttoute leur utilité. Mais lorsqu'on est bien fixé dans l'observation, la désidentification du corps et du mental, on n'a plus guère besoin de toutes ces techniques.

Vijayânanda, en parlant d'une personne qui a un tempérament plutôt batailleur : Je lui ai conseillé de ne plus méditer sur l'ajnâ, car cela peut accroître une colère de base quand celle-ci est présente. En fait, c'est un des conseils que Mâ m'a donné lors de notre première entrevue (il y a juste un demi-siècle). Je me suis donc mis à méditer sur le cœur, mais par la suite elle m'a demandé de nouveau de me concentrer sur l'ajnâ.

Q : Comment faire pour transformer la colère 'en sentiment positif, comme on conseille 'dans certaines sâdhanâ tantriques ?


V: C'est un yoga très particulier et difficile. La première chose à faire est de maîtriser la colère. Quant aux Rishis, Mâ disait : « Si le Rishi a le pouvoir de maudire (de détruire) par sa colère, il a néanmoins aussi le pouvoir de bénir (de créer) » (Citation approximative).

Q : Comment dominer la colère ?


V: Mâ répondait : « Buvez un verre d'eau froide et regardez vous dans un miroir ; votre colère s'évanouira très rapidement » (Extrait de « Enseignement de Mâ Ananda Moyî », Albin Michel).

DrJacques VIGNE


Publié dans Namaskar Avril 2011

Interférence d'un bloqueur de publicité détectée !


Wikia est un site gratuit qui compte sur les revenus de la publicité. L'expérience des lecteurs utilisant des bloqueurs de publicité est différente

Wikia n'est pas accessible si vous avez fait d'autres modifications. Supprimez les règles personnalisées de votre bloqueur de publicité, et la page se chargera comme prévu.

Sur le réseau FANDOM

Wiki au hasard